Au Gabon, Ceca-Gadis a réduit son réseau de 103 à près de 60 points de vente, une restructuration profonde que la directrice générale, Isabelle Essonghe, justifie par « la suppression de l’aide de l’État en 2018 » et par « des signaux de survie […] jamais aussi négatifs ». L’entreprise, qui dit fonctionner sans soutien public depuis sept ans, fait face à une baisse durable de la fréquentation et à une transformation des comportements d’achat.
Dans une récente interview accordée au quotidien public l’Union, la direction explique que les fermetures ciblent surtout les zones devenues non rentables. « Entre 2021 et 2024, les charges liées à l’exploitation ont augmenté de 48 %, puis de 42 % », précise Isabelle Essonghe, évoquant un taux de dégradation « de 78 % par rapport à 2023 ». Les implantations rurales, de plus en plus concurrencées par les revendeurs ambulants, ne parvenaient plus à couvrir leurs charges. Le format “Gaboprix”, longtemps symbole du réseau de proximité, est devenu le moins performant depuis 2019.
Lire aussi : Gabon : Agro Business Group plombe l’activité agricole nationale au 1er trimestre
Selon la direction, ces fermetures évitent un choc social plus large. Maintenir les magasins déficitaires aurait entraîné, affirme la DG, « une chute quasi immédiate » avec un risque de disparition de 2 000 emplois directs et indirects et d’effondrement du réseau en 24 heures. Les régions les plus touchées sont l’Estuaire, la Nyanga, la Ngounié, l’Ogooué-Lolo, le Haut-Ogooué, le Woleu-Ntem et l’Ogooué-Ivindo.
Issue de la CECA, Ceca-Gadis exploite plusieurs enseignes dont Gaboprix, Cecado, Intergros, Supergros, Géant Ckdo, Maxi Ckado ou encore CK2. L’entreprise, qui n’a pas rendu publics ses indicateurs financiers, mise désormais sur son plan “Excellence 2024-2027”, axé sur la digitalisation, le soutien accru aux producteurs locaux et la rénovation de 27 supermarchés. Objectif : reconstruire un réseau « plus robuste, plus moderne » et maintenir son rôle dans l’alimentation des ménages gabonais.
Lire aussi : Chococam : ce que l’on sait du rachat des 74,7 % détenus par Tiger Brands








