La compagnie minière australienne Rapid Critical Metals a officialisé, le 31 juillet 2026, l'arrêt définitif de son projet d'exploration de nickel et de cuivre de Nyanga, couvrant 2 725 kilomètres carrés dans le sud du Gabon. Dans son rapport d'activités du trimestre clos en juin 2026, l'entreprise valide la cessation de toutes ses opérations de terrain sur ses deux permis (G5-555 et G5-150). « La société n'exerce plus aucune activité au Gabon », stipule le document, actant de fait la dissolution des travaux engagés historiquement par sa filiale locale, Armada Exploration Gabon SARL.
Ce retrait définitif s'explique par un changement de stratégie opérationnelle dicté par une urgence financière. Au cœur de cette fuite en avant se trouve la pression exercée par Tremont Master Holdings. Présent au capital d’Armada depuis 2019, cet investisseur institutionnel disposait, selon Rapid, de clauses de remboursement particulièrement contraignantes. Face à des échéances atteignant 10,45 millions de dollars américains (16,8 millions de dollars australiens) à solder post-2024, la junior n'a eu d'autre choix que de sacrifier sa filiale gabonaise. En se retirant totalement du pays, l’entreprise indique qu’elle a ainsi pu décomptabiliser ce passif sans conserver de dette résiduelle, réorientant désormais ses capitaux vers le projet Midwest Lithium aux États-Unis et le projet Bend Nickel au Zimbabwe.
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Sur le plan financier, ce revirement a entraîné une dépréciation totale des actifs d'exploration gabonais, évaluée à hauteur de 11,77 millions de dollars australiens (environ 5 milliards de FCFA) lors de l'exercice 2025 par Rapid Critical Metals, la direction estimant que ces investissements ne seraient jamais récupérés. L'impact réel est particulièrement sévère pour le bassin local : l'abandon du site prive l'État gabonais des flux d'investissements directs étrangers (IDE) et des rentrées fiscales attendues.
Ce départ s'inscrit en totale contradiction avec les plans de diversification économique du gouvernement à Libreville. Active sur le territoire depuis près d'une décennie, la filiale Armada avait pourtant suscité de grands espoirs en menant, en 2022, des levées géophysiques aéroportées inédites en Afrique centrale. Le projet de Nyanga devait structurer un nouveau pôle minier majeur, en synergie avec le développement de la potasse de Mayumba et l'extraction de métaux et de marbre à Doussiegoussou. Le retrait de l'opérateur australien remet ces 2 725 kilomètres carrés de concessions à la disposition de l'État, qui doit désormais relancer la quête d'investisseurs plus solides.
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