Après avoir terminé l’année 2025 sur une baisse de 5,8% de son chiffre d’affaires, le marché gabonais des assurances entame 2026 sur une note plus favorable. Selon la dernière note de conjoncture du ministère gabonais de l’Économie et des Finances, consultée par EcoMatin, le secteur a enregistré une progression de 7,7% de son activité au 1er trimestre 2026. Cette reprise, essentiellement portée par la branche non-vie, intervient dans un contexte où les compagnies restent confrontées à une hausse des sinistres et l'expiration de plusieurs contrats.
Sur la base des données chiffrées compilées par la Fédération gabonaise des sociétés d’assurances (Fegasa), le chiffre d’affaires des 9 assureurs en activité sur le marché gabonais est passé de 48,98 milliards FCFA à près de 52,76 milliards FCFA. En revanche, comparée au quatrième trimestre 2025, l’activité recule de 48,6%. Cette contreperformance s’explique principalement par le renouvellement tardif de certains contrats d’assurance et l’annulation d’autres polices, des facteurs déjà identifiés comme les principales causes du repli enregistré sur l’ensemble de l’exercice 2025.
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Le rebond observé en glissement annuel est principalement attribuable à la branche non-vie, dont le chiffre d’affaires progresse de 9,4% par rapport au premier trimestre 2025, passant de 38,2 milliards à un peu plus de 41 milliards FCFA. Cette évolution confirme le rôle moteur de ce segment, qui représentait déjà plus de 76% du marché à fin 2025. À l’inverse, la branche vie affiche une croissance plus modérée de 2%, traduisant une reprise encore timide de la demande après le ralentissement constaté l’an dernier, marqué notamment par le recul des garanties décès. « Le non-renouvellement des certaines garanties individuelles des principaux produits de la branche (« En cas de décès » et « Épargne ») explique ce ralentissement de l’activité assurantielle », peut-on lire dans la Note du ministère de l’Economie.
Cette stabilité apparente du chiffre d'affaires masque cependant une dégradation sensible de la sinistralité. Entre le premier trimestre 2025 et le premier trimestre 2026, les sinistres réglés progressent de 19,7%, soit plus du double du rythme du chiffre d'affaires. Un écart qui traduit une augmentation des indemnisations supportées par les compagnies et pèse mécaniquement sur la rentabilité technique des assureurs gabonais.
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On relève aussi que les commissions versées aux intermédiaires reculent de 40% en glissement annuel. Cette évolution traduit la modification progressive des circuits de distribution engagée par les assureurs en fin 2025. « Cette évolution se justifie par le développement des capacités commerciales propres des compagnies d’assurances via la création des nouveaux points de ventes au détriment des activités des compagnies de courtage », indique la Direction générale de l’Économie. Toutefois, ce changement contraste fortement avec la place croissante qu’occupent les intermédiaires dans la commercialisation des produits d’assurance. En 2025, ceux-ci avaient généré 92,5 milliards FCFA de chiffres d’affaires, soit plus des deux tiers du chiffre d’affaires global du marché (134 milliards FCFA) d'après la Fegasa.
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