En voulant stimuler l’investissement à travers les exonérations fiscales, le Gabon perd annuellement un montant se rapprochant de 200 milliards de FCFA, d’après la récente note conjoncture que la Banque mondiale vient de publier sur le pays. A ce propos, l’institution écrit : « Les pertes estimées liées aux incitations fiscales ont augmenté pour atteindre 192 milliards de FCFA de recettes non perçues, soit 1,5 % du PIB en 2024. Un autre défi consiste à améliorer le contrôle et la surveillance des dépenses fiscales, afin d’éviter les comportements d’abus ou de fraude qui entravent les objectifs de recouvrement de l’impôt. »
La Banque mondiale estime que, bien qu’elles permettent de soulager les ménages, ces exonérations fiscales sont coûteuses pour le pays. Car, elles seraient mal ciblées et incapables de s’attaquer aux causes sous-jacentes de la cherté de la vie, à savoir les coûts élevés du commerce et de la production dus aux lacunes logistiques, aux droits de douane élevés et au coût élevé de l’énergie et du transport.
Le gouvernement pour sa part estime que, compte tenu des difficultés à mettre en place des programmes de protection sociale, telles que l’absence d’un registre social actualisé et complet, différentes alternatives sont utilisées pour atténuer le coût de la vie, telles que les subventions au carburant et au blé, les exonérations fiscales et les bourses d’études. En d’autres termes, ces cadeaux fiscaux règlent des problèmes sociaux mais s’ils font perdre de l’argent à l’Etat.
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Raison pour laquelle, la Banque mondiale suggère qu’un moyen efficace et relativement rapide pour augmenter les recettes consisterait à « rationaliser davantage les exonérations fiscales accordées aux entreprises ».
Pour l’heure, la loi de finances 2025 au Gabon prévoit des exonérations de l'impôt sur les sociétés (qui s'appliquent à l'ensemble des bénéfices réalisés par les sociétés et autres personnes morales). Elles sont étendues à certaines entreprises qui exercent dans les secteurs de l'hôtellerie, du tourisme et du développement de logements sociaux, et ce, pendant les trois premières années de leur activité.
Ces exonérations sont accordées aux entreprises exerçant dans les secteurs prioritaires et réalisant un nouvel investissement minimum de 300 millions de FCFA hors taxes. Les entreprises agréées pour l'aménagement des terrains urbains destinés à l'habitat social et pour la construction de logements à caractère socioéconomique bénéficient également de ces exonérations pendant les trois premières années de réalisation de leur projet d'investissement. Cependant, elles doivent obtenir au préalable l'autorisation des autorités gabonaises.
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