Au Gabon, les subventions de carburants ont coûté 6,88 milliards de Fcfa au gouvernement au cours du seul mois de mai 2024. L’information est contenue dans un graphique rendu public par le ministère de l’Economie et des Participations. A l’observation, les dépenses relatives au soutien des prix à la pompe ont baissé de 1,26 milliard de Fcfa (-15,5%) par rapport aux 8,14 milliards de Fcfa débloqués par ce pays de la Cemac (Cameroun, Gabon, RCA, Congo, Tchad et Guinée équatoriale) en avril. Ce qui constitue d’ailleurs un chiffre record comparé depuis le début de l’exercice en cours. En effet, en janvier 2024, les subventions au super et au gasoil ont atteint le pic de 13,7 milliards de Fcfa avant de régresser de 29,4% pour s’établir à 9,65 milliards de Fcfa en février et ralentir à 8 milliards de Fcfa au mois de mars.
Avec cette réduction progressive des subventions des prix à la pompe, le pays de Brice Clotaire Oligui Nguema poursuit visiblement deux objectifs. Le premier pourrait être le souci de respecter le seuil de 114 millions de d’euros (soit environ 75 milliards de Fcfa) prévus pour subventionner les produits pétroliers en 2024 (contre 263,3 milliards de Fcfa projetés par le Cameroun à la même période selon les données du Programmé économique et budgétaire 2025-2027, Ndlr). Autant dire qu’avec les subventions du mois de mai, le Gabon a déjà défalqué 56,12 milliards de Fcfa soit un reste de 18,88 milliards de Fcfa encore à dépenser sur les provisions. Pour rester dans cet intervalle, Libreville devra dépenser environ 2,7 milliards de Fcfa en moyenne par mois durant les 7 prochains mois.
Le FMI fait pression
L’autre souci est lié au Fonds monétaire international (FMI) avec qui le Gabon, comme de nombreux autres pays de la Cemac, est sous un programme économique et financier. Le bailleur de fonds recommande la réduction voire la suppression (à la longue) des subventions des Etats aux produits pétroliers.
En dépit d’un ralentissement du taux de croissance sur les trois prochaines années et d’un niveau d’endettement qui pourrait atteindre un pic historique d’ici 2029 (selon le FMI, le Gabon a enregistré 70,5% du PIB en 2023, au-dessus de la norme Cemac, Ndlr) le Gabon s’active « à répondre aux demandes refoulées en matière sociale et d’investissement et aux attentes populaires » comme le déplorait Moody’s. Plutôt que de structurer une stratégie socio-économique permettant d’améliorer le niveau de vie, l’exécutif privilégie des subventions qui tendent à ne profiter qu’aux plus nantis.
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Il convient de souligner qu’en plus du carburant, le gouvernement gabonais subventionne également le gaz domestique et même, ces derniers mois, la vie chère. Concernant la lutte contre la vie chère, ce sont 36,74 millions de Fcfa de subventions pour la farine de blé, 2,46 milliards de Fcfa pour le gaz domestique et 2,15 milliards de Fcfa orientés vers la défiscalisation de la mercuriale.








