Les Émirats Arabes Unis entrent sur la scène minière gabonaise. Le samedi 16 août, le Chef de l'État, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu une délégation d'investisseurs émiratis conduite par le Dr. Thani Bin Ahmed Al ZEYOUDI, Ministre du Commerce Extérieur. Lors de cette audience, la délégation a exprimé son intérêt pour la construction d'une raffinerie de manganèse et d'une zone industrielle minière. Selon le communiqué de la présidence, ce projet « s’inscrit dans la vision du Chef de l’État visant la transformation locale et la création de valeur ajoutée ». L’audience a également porté sur l’exploration de nouveaux partenariats dans les secteurs stratégiques, notamment le pétrole, le gaz, l’énergie, les infrastructures ferroviaires et le développement hôtelier.
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Une raffinerie de manganèse est une infrastructure de pointe qui se distingue d’une usine de ferroalliages. Contrairement au Complexe Métallurgique de Moanda (CMM), la seule unité de transformation locale du pays lancée par Eramet en 2015, une raffinerie ne se contente pas de transformer le minerai pour l’industrie sidérurgique. Elle le purifie pour en faire des produits à très haute valeur ajoutée, tel que le manganèse électrolytique, indispensable à la fabrication des batteries pour véhicules électriques. Si le projet des Émirats Arabes Unis se concrétise, cette raffinerie pourrait être la première du genre en Afrique centrale, propulsant le Gabon au cœur de la chaîne de valeur mondiale des minéraux critiques.
Un contexte de vive concurrence
Bien que des détails sur ses capacités, sa zone d’implantation ou les investissements nécessaires n’aient pas été dévoilés, l'offre de raffinerie émiratie s'inscrit dans un contexte de vive concurrence internationale pour l'accès aux minerais gabonais. Elle répond à la politique de l'exécutif gabonais, décidée à fin mai, de favoriser la transformation locale du manganèse. Cette proposition fait suite à d'autres initiatives, notamment l'annonce par le groupe indien Coalsale Group, via sa filiale Nouvelle Gabon Mining (NGM), d’un projet de construction d'une unité de transformation de 70 000 tonnes d'alliages de manganèse. Ces propositions, qui émanent aussi des États-Unis, de la Chine et du Japon, visent à concurrencer le Complexe Métallurgique de Moanda (CMM),
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Le Gabon, unique producteur de manganèse de la zone CEMAC, a vu sa production de brut s'établir à 9,4 millions de tonnes en 2024, en baisse de 5,3% par rapport à 2023 (10,0 millions de tonnes). Cette production a représenté 15,6% des exportations du pays, selon le récent rapport de la Beac. La production nationale est dominée à 80% par Eramet via sa filiale Comilog, qui extrait entre 7 et 7,5 millions de tonnes par an. Toutefois, la capacité de son Complexe Métallurgique de Moanda (CMM), qui produit annuellement environ 65 000 tonnes de silico-manganèse et 20 000 tonnes de monoxyde de manganèse, n'absorbe aujourd'hui que moins de 5% de la production de la compagnie française. La création d’une raffinerie devrait ainsi hisser le Gabon dans l’échiquier des producteurs de matériaux pour véhicule électrique et concurrencer l’offre d’Eramet.
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