En 2025, la Guinée Équatoriale entame une nouvelle phase de son secteur pétrolier, marquée par la mise en valeur d’actifs cédés par ExxonMobil à la compagnie nationale GEPetrol. Cette décision, prise par le gouvernement dans un contexte de repli considérable de la production, suscite un vif intérêt de la part de nombreux acteurs. Parmi eux, la multinationale suisse Mercuria Energy. Selon des sources concordantes, cette dernière a manifesté son intention de reprendre les principaux actifs d’Exxon et d'investir massivement dans la revitalisation du champ de Zafiro, avec une profondeur d’eau de 1 689 pieds, représentant actuellement environ 8 % de la production quotidienne du pays. En effet, lors d'une récente rencontre avec le Premier ministre Manuel Osa Nsue Nsua, une délégation de Mercuria Energy a présenté son projet aux autorités.
Bien que le montant exact des investissements de Mercuria Energy n'ait pas été dévoilé lors de la rencontre avec le chef du gouvernement en décembre dernier, ce projet, s'il voit le jour, pourrait constituer un véritable catalyseur pour l'économie équato-guinéenne. En effet, il est susceptible de générer de nouveaux emplois, de stimuler les investissements dans les infrastructures et de renforcer les capacités locales. Cette initiative s'inscrit dans une stratégie plus globale du gouvernement qui vise à faire de la Guinée Équatoriale un acteur majeur du secteur pétrolier en Afrique. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement a sollicité l'expertise de plusieurs majors pétrolières, dont Chevron, Kosmos Energy et d'autres, afin de moderniser le secteur et de le rendre plus compétitif. Cependant, cette ambition se heurte à un contexte international marqué par la transition énergétique et la volatilité des cours du pétrole, ce qui pose des défis en termes de durabilité et de diversification économique.
Des enjeux de taille
Pour ce champs pétrolier visé par la compagnie suisse Mercuria Energy, on se souvient qu’en septembre dernier, Antonio Oburu Ondo, ministre des Hydrocarbures de la Guinée Équatoriale, annonçait que GEPetrol, nouveau gestionnaire du champ de Zafiro, prévoyait d'augmenter significativement la production dès début 2025. Ce développement se fera en trois phases. Pour mener à bien ce projet, GEPetrol a déjà conclu des contrats de services techniques avec des entreprises comme Petrofac. Ces contrats permettront de moderniser les infrastructures existantes, notamment les bases terrestres, les unités de production et les plateformes offshore. Par ailleurs, la société d'État a sollicité l'expertise de SLB et Halliburton pour optimiser l'exploitation du gisement. Il s'inscrit dans un contexte marqué par la transition énergétique et les enjeux environnementaux, ce qui pose des défis en termes de durabilité et de diversification économique.
Il faut noter que la diversification des investisseurs dans le secteur pétrolier est devenue une nécessité absolue pour la Guinée Équatoriale. Le déclin rapide de la production (passant de 300 000 à 100 000 barils par jour en 2021), qui a entraîné le départ d'acteurs majeurs comme ExxonMobil, met en péril l'économie du pays. Le Fonds monétaire international a d'ailleurs prévenu que la production pourrait chuter de moitié d'ici 2028 si aucune mesure n'est prise. L'arrivée de nouveaux investisseurs, comme Mercuria Energy, est donc essentielle pour relancer la dynamique du secteur et éviter un scénario catastrophe. Cependant, il est important de noter que la revitalisation du secteur pétrolier ne doit pas se faire au détriment des enjeux environnementaux et de la diversification économique à long terme.









