La Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), institution d’émission monétaire de la Cemac trouve en fin une bonne équation pour combiner l’offre à la demande. Contraint à réduire à 160 milliards de Fcfa le volume de liquidité injecté auprès des banques commerciales de la sous-région, cette décision semble s’arrimer avec les sollicitations de celles-ci. Pour preuve, l’opération de refinancement de 160 milliards de Fcfa lancée le 10 décembre dernier a été souscrite à 101,7 % par les établissements de crédit, soit un besoin de 162 milliards de Fcfa exprimé. Au vu du taux de souscription enregistré sur cette opération, la Beac semble avoir trouvé la bonne équation car, le mois de novembre 2024 a particulièrement été rythmé par une succession de sous souscription sur les opérations d’offre de liquidité.
En effet, depuis la reprise il y’a 6 mois des opérations de refinancement, les besoins des banques n’ont cessé de croître, atteignant souvent 500 milliards de Fcfa par semaine. L’offre de 120 milliards de Fcfa du 11 juin a rapidement augmenté pour atteindre 250 milliards de Fcfa en août, puis 260 milliards de Fcfa en septembre. Mais, après avoir été réduite à 240 milliards de Fcfa fin octobre, cette enveloppe a été à nouveau portée à 320 milliards de Fcfa le 5 novembre 2024. Alors que les besoins exprimés par les banques oscillaient généralement autour de 250 milliards de Fcfa, ces besoins sont descendus sous la barre de 200 milliards de Fcfa début novembre, puis moins de 100 milliards de Fcfa fin novembre 2024. Cette baisse drastique des besoins exprimés par les établissements de crédit a conduit la Beac à réduire davantage son enveloppe de liquidité proposée aux établissements de crédit.
Pour rappel, avant la relance des injections de liquidité, les banques commerciales de la Cemac ont été sujettes à l’intensification des opérations de reprise de liquidité dans les coffres-forts des banques ; et plus récemment les émissions des bons Beac, afin de ponctionner davantage de liquidité bancaire. Ces opérations qui sont entre autres armes utilisées par la banque centrale des États de la Cemac visent dans le même sillage à durcir les conditions d’accès aux financements des Etats. L’objectif étant d’assécher les banques commerciales, et restreindre ainsi l’accès des agents économiques pour réduire de 20 % l’inflation qui serait d’origine monétaire dans cet espace communautaire.









