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L’Agence de promotion des exportations aux oubliettes

Prévue depuis 2002 dans le cadre de la charte des investissements, et alors que les exportations du pays sont en chute libre depuis 2014, la mise en place de cette structure est étonnamment omise par le gouvernement.

La loi du 19 avril 2002 portant charte des investissements au Cameroun prévoit en son article 25 trois organes  pour la promotion et la facilitation des investissements et des exportations : le Conseil de régulation et de compétitivité, l’Agence de promotion des investissements et  l’Agence de promotion des exportations. Les deux premiers organes existent depuis 2004 et 2013 respectivement. La grande oubliée reste la troisième. Une grosse aberration, surtout dans le contexte actuel du Cameroun marqué par une chute continue de ses exportations depuis 2014, année à laquelle les cours des matières premières, notamment le pétrole dont le pays est producteur, ont commencé à chuter sur le marché international. Le rapport 2017 de l’Institut national de la statistique (Ins) sur le commerce extérieur du Cameroun révèle par exemple que les échanges au cours de l’année sous revue ont été marqués par des baisses de 8,2 % en volume et 3,8% en valeur. Et que, malgré une réduction continue du déficit commercial, la balance restait déficitaire de 1 089,5 milliards de FCFA. Plus grave, enregistrait une réduction de 38,2 milliards de FCFA par rapport à l’année 2016.


>> Lire aussi – La bourse des matières premières agricoles aux oubliettes


Sous-directeur des échanges commerciaux au ministère du Commerce, Narcisse Ghislain Olinga a tiré la sonnette d’alarme sur la situation des exportations du Cameroun lors de la conférence annuelle des responsables du ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), en avril 2018. «Il y a nécessité, urgence même, de mettre en place l’Agence de promotion des exportations qui avait été prévue depuis 2002 dans le cadre de la charte des investissements». Il poursuivait en indiquant que «cette agence devrait piloter et coordonner la politique nationale du commerce extérieur avec un déploiement qui serait véritablement tentaculaire. Elle s’occuperait des questions de financement, de dynamisation de notre appareil d’exportation». Selon le journal Intégration, la recommandation avait été reprise dans le rapport général de la conférence. Depuis lors, personne n’en a plus parlé. Des pays qui pèsent moins au plan économiques à l’instar du Tchad et du Niger disposent pourtant depuis d’une agence analogue.

La Rédaction EcoMatin

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