Le groupe français d'ingénierie Egis a finalisé la cession de sa filiale camerounaise à Infras SAS, plusieurs mois après avoir annoncé un vaste management buy-out (MBO) portant sur six de ses filiales africaines. Selon une annonce légale consultée par EcoMatin, Egis Ingénierie SAS a cédé l'intégralité des actions d'Egis Cameroun à Infras SAS, une opération qui s'accompagne d'un changement de dénomination sociale. La société exercera désormais sous le nom Infracam.
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Cette formalisation juridique marque l'aboutissement, au Cameroun, d'une réorganisation engagée par Egis en février dernier afin de transférer à leurs équipes dirigeantes les activités de plusieurs filiales africaines. L'opération concernait également les filiales du groupe au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Kenya, au Rwanda et à Madagascar. Structurée autour d'un holding basé à Casablanca, Infras est dirigée par Arnaud de Rugy, ancien directeur général d'Egis Afrique, accompagné de plusieurs dirigeants historiques du groupe.
Au Cameroun, cette opération ne modifie pas la personnalité juridique de la société ni son capital social, maintenu à 255,8 millions de FCFA. Elle consacre en revanche le transfert définitif de l'actionnariat et l'abandon de la marque Egis au profit d'Infracam, qui poursuivra les activités d'ingénierie et de conseil jusqu'ici exercées par la filiale française.
Une réorganisation stratégique
Pour Egis, cette cession s'inscrit dans une stratégie de recentrage sur les grands projets d'infrastructures. Le groupe français avait expliqué vouloir concentrer ses moyens sur les projets ferroviaires, portuaires, énergétiques et urbains, tout en conservant une présence directe dans une vingtaine de pays africains. Les filiales cédées continuent leurs activités sous la bannière Infras, avec leurs équipes locales, tandis que le groupe affirme maintenir ses engagements sur plusieurs concessions de long terme sur le continent.
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Au Cameroun, cette transition intervient dans un contexte particulier. Egis était engagé, aux côtés du groupe Fayat, dans le projet d'automatisation de quatorze péages routiers à travers la coentreprise Tollcam Partenariat, dont le contrat de partenariat public-privé a été résilié par l'État en 2024. Selon la Chambre des comptes, la société a engagé une procédure d'arbitrage international devant la Cour internationale d'arbitrage de Paris et réclame 30 milliards de FCFA à l'État camerounais.
La cession d'Egis Cameroun à Infras SAS n'apporte toutefois, à ce stade, aucune indication sur l'évolution de ce contentieux, ni sur la répartition des responsabilités entre les différentes entités issues de la réorganisation. Elle confirme en revanche la naissance officielle d'Infracam, appelée à reprendre les activités d'ingénierie jusque-là exercées sous la marque Egis sur le marché camerounais.








