Le Gabon est désormais le pays de la CEMAC qui se finance le moins cher sur le compartiment à court terme du marché régional des titres publics. En juillet 2026, le coût moyen de ses Bons du Trésor assimilables (BTA), instruments dont la maturité n’excède pas un an, s’est établi à 6,48 %, selon les dernières statistiques de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Libreville devance ainsi la République centrafricaine (6,83 %), le Tchad (6,91 %), le Cameroun (6,97 %), le Congo (7,24 %) et la Guinée équatoriale (7,87 %). La moyenne régionale ressort à 6,83 %. Surtout, le coût supporté par le Gabon s’est détendu par rapport à juillet 2025, lorsqu’il atteignait 6,85 %, même s’il remonte par rapport aux 6,19 % enregistrés en juin dernier.
Lire aussi: Emprunt obligataire : le Gabon lève 173,5 milliards FCFA, soit le double de l’objectif initial
Cette position est d’autant plus notable que le Gabon est devenu le premier emprunteur du marché des titres publics de la CEMAC. Son encours de BTA et d’Obligations du Trésor assimilables (OTA) a atteint 3 424,1 milliards de FCFA à fin juillet, en hausse de 6 % sur un mois et de près de 30 % sur un an. Le pays devance désormais le Congo, dont l’encours atteint 3 040,8 milliards, et le Cameroun, à 2 061,3 milliards.
Une prime qui disparaît sur les maturités longues
L’avantage gabonais s’arrête toutefois aux financements de court terme. Sur les OTA, dont les maturités dépassent un an, le coût moyen payé par Libreville a bondi à 10,13 % en juillet, contre 9 % en juin et 7,35 % un an auparavant. Le Cameroun emprunte, sur ce segment, beaucoup moins cher, à 7,36 %. Le Congo supporte pour sa part un coût de 11,73 %, tandis que le Tchad atteint 11,90 %.
Lire aussi: CEMAC : les taux des obligations du Trésor grimpent frôlent 11%, un pic sur le marché régional
Ce contraste suggère que les investisseurs continuent d’accorder au Gabon des conditions relativement favorables lorsqu’ils immobilisent leurs liquidités sur de courtes périodes, mais réclament une prime nettement plus élevée pour s’exposer plus longtemps au risque souverain gabonais.
Cette évolution intervient dans un marché régional où les États empruntent globalement plus cher. Le coût moyen des ressources levées par les six Trésors est passé de 8,29 % en juin à 8,53 % en juillet 2026, alors que l’encours total des titres publics a franchi 10 560 milliards de FCFA.










