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Le gouvernement enterre les espoirs d’une relance immédiate de la culture  du blé au Cameroun 

D’après le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe, les essais actuellement en cours dans diverses localités du pays, ne permettent pas d’envisager une relance optimale de la culture du blé à travers le pays.

Publiée lundi 4 avril 2022 à 13:01:59Modifiée mardi 12 avril 2022 à 10:40:53Temps de lecture 4 minPar Paul Tjeg

Gabriel Mbairobe, le ministre de l'Agriculture et du développement rural.

L’entrée des troupes russes en Ukraine, ainsi que le chamboulement des chaines d’approvisionnement des matières premières induites par cette invasion, ont contraint le gouvernement à ressortir de son «chapeau», certains programmes de développement de l’agriculture, qui jusqu’ici connaissent une évolution en dents de scie. Le blé est l’une des filières qui fait l’objet d’un intérêt particulier. Notamment en raison de la hausse permanente des cours à l’international, mais aussi et surtout à cause de l’augmentation récente des prix des produits dérivés comme le pain. Concrètement, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader) voudrait relancer la Société de développement de la culture du blé (Sodéblé) en faillite depuis les années 80, avec comme seul vestige l’usine et quelques machines. Elle finance depuis près de 10 ans, des coopératives à Wassandé dans la région de l’Adamaoua, dans cette optique, via le Projet national de structuration et d’accompagnement des producteurs et vulgarisation agricole (Prosapva). On parle même d’essais concluants. « En 2020, on a produit sur une surface de 16 ha, on a eu un rendement d’une tonne/hectare. En 2021, on a produit sur une superficie de 12 hectares, pour un rendement de 3,5 tonnes/ha», précise Jules Guinibé, chef de poste agricole de Wassandé. Les mêmes initiatives ont été implémentées à Bangourain, à Bangoua et à Bansoa dans la région de l’Ouest, avec des résultats plus ou moins probants. Tout ceci, grâce à des semences (300 kg)  produites avec le concours de l’Institut de Recherche Agricole pour le Développement.

Ce n’est pas pour demain…

Malheureusement, il faudra encore attendre un bon bout de temps avant d’assister à la grande relance de la culture du blé sur le territoire national, telle qu’envisagée par les pouvoirs publics. D’après le Minader, les résultats évoqués supra, bien qu’encourageants, ne permettent pas encore d’envisager une culture qui viendrait inverser la tendance  aux importations.  « Depuis pratiquement 10 ans, le Minader fait des essais de blé dans l’Adamaoua à Wassande, dans l’Ouest à Bangourain, Bangoua et Bansoa. Les essais sont en cours. Mais il faut reconnaître aujourd’hui que le blé est une culture très gourmande en fertilisants. Nous sommes obligés de mettre au moins 400 kilos de fertilisants par hectare et avec la flambée des prix des engrais, vous comprenez que ce n’est pas pour demain la grande vulgarisation de la culture du blé au Cameroun», a déclaré Gabriel Mbaïrobe, le ministre de l’Agriculture et du développement rural. Toutefois, le membre du gouvernement, explique que son ministère travaille activement pour trouver des solutions plus viables économiquement. «Aujourd’hui on importe  800 000 tonnes de blé par an pour tous les produits (pain, pâtes alimentaires et autres). Ça représente 160 000 hectares de surface donc ce n’est pas évident. Nous continuons à y travailler pour trouver des variétés qui permettent de faire des rendements économiques parce qu’en termes de blé vu la quantité de fertilisants qu’il faut utiliser, si on ne fait pas au moins six tonnes à l’hectare, nous sommes loin du rendement économique», a-t-il expliqué.

Farine de plantain, manioc, patate

En attendant la concrétisation de cette perspective, Gabriel Mbaïrobe propose comme alternative, une production intensive de farine faite à base de tubercules comme le manioc et la patate.  «Les farines camerounaises peuvent être introduites à proportions réduites pour la fabrication du pain. Nous avons de la farine de manioc, de la farine de Plantain et de la farine patate douce. Mais à chaque fois, l’insertion de ces farines-là, ne peut pas dépasser 30%. Nous sommes en train de mettre en place un système pour produire non seulement des farines de bonne qualité, mais en quantité suffisante pour réduire de manière sensible les importations», a révélé le Minader.

Lire aussi : Face à l’envolée du coût du blé, le gouvernement préconise les farines de plantain, manioc, patate…comme produits de substitution

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