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Les entreprises camerounaises boudent la fibre optique SAIL de Camtel

Pendant que les entreprises étrangères se bousculent au portillon, les fournisseurs d’accès à internet installés au Cameroun trainent encore la pâte.

On se serait pourtant attendu à un raz-de-marée des entreprises opérant dans la fourniture de l’accès à internet installés au Cameroun, une fois la commercialisation de la fibre optique du câble sous-marin du projet South Atlantic Inter Link (SAIL) posé entre le Cameroun et le Brésil lancée. Notamment, au regard de l’infrastructure des télécoms qui doit offrir les moyens de communication à très haut débit du Cameroun, avec sa capacité data de 32 Tbps. Que non ! Celles-ci ne se bousculent pas assez. Le constat a été fait le 16 novembre dernier, par le directeur général de Camtel, David Nkoto Emane, lors de la signature du contrat commercial entre Camtel et la société nigériane Sparkwest pour la fourniture de la fibre optique. Si le DG de Camtel se félicitait que de nombreuses entreprises du continent sollicitent Camtel pour nouer des coopérations au plan commercial, il déplorait le fait que les entreprises camerounaises ne se bousculent pas aux portes. Pourtant, il avait bien avant laissé entendre que « nous allons laisser l’exploitation commerciale du SAIL aux sociétés camerounaises ».


>> Lire aussi – Offre internet : la bataille du haut débit est lancée


Mais jusque-là, aucune entreprise camerounaise n’a signé de contrat de commercialisation de ce câble sous-marin avec Camtel, malgré ses appels pour  la recherche d’un partenaire commercial pour les capacités data du câble SAIL. En rappel, une entreprise équato-guinéenne, l’entreprise nigériane est la deuxième à signer un contrat commercial avec Camtel.  L’on annonce d’autres également d’autres entreprises angolaises et ivoiriennes qui elles aussi sollicitent la commercialisation de ce câble sous-marin. Ce moyen de communication qui pour le DG de Camtel, est une véritable porte ouverte sur le monde rural où désormais, grâce à des applications désormais disponibles, des secteurs comme celui de l’agriculture, devraient connaître un grand bond. L’on peut aisément comprendre l’intérêt du nigérian Sparkwest qui, selon son DG, lorgne un marché nigérian des télécommunications avec 20 millions de connexions. Parmi les leaders nigérians du secteur, cette entreprise se veut également l’une des plus importantes en Afrique de l’Ouest. L’accord entre le Cameroun et le Nigeria ouvre de ce fait, la voie d’accès au Cameroun au plus grand marché des télécoms en Afrique. A titre indicatif, le Nigeria compte à ce jour près de 200 millions d’habitants. Le marché s’étend à plus de 80 millions d’utilisateurs d’Internet mobile. Ce marché est de ce fait dans le viseur de la société parapublique camerounaise de télécommunication.

C’est le 05 septembre 2018, soit   24 heures plus tôt,  que  la société chinoise Huawei Marine Networks a officiellement annoncé, avoir achevé les travaux de déploiement du câble sous-marin à fibre optique baptisé South Atlantic Inter Link (SAIL), ainsi que la connexion de l’infrastructure aux deux points d’atterrissement que sont la ville de Fortaleza au Brésil et Kribi, cité balnéaire du Sud du Cameroun. Long de 6000Km, ce câble sous-marin est le tout premier à relier le continent africain à l’Amérique du Sud. «Le système de câble SAIL répond à la demande de trafic des marchés émergents, et ouvre également un nouveau chemin entre l’Afrique et l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Amérique du Sud», précise Huawei Marine dans son communiqué. L’idée d’un câble sous-marin entre le Cameroun et le Brésil naît, à la base, de la volonté du Chef de l’Etat camerounais, de renforcer la grande et belle coopération qui existe entre les deux pays. Dans un contexte plus spécifique, il fallait multiplier, améliorer et sécuriser l’offre de services et d’infrastructures à large bande du Cameroun et en Afrique sud sahélienne.

Toujours à la recherche d’un partenaire national pour le câble SAIL

Elle certes propriétaire du câble sous-marin de fibre optique South Atlantic Inter Link (SAIL). Mais la Cameroon Telecommunications (Camtel) souhaite laisser son exploitation commerciale du SAIL aux sociétés camerounaises. C’est ainsi que le bras séculier de l’Etat camerounais en matière des télécommunications s’est lancée en quête d’un partenaire qui se chargera de la promotion et de la commercialisation des capacités Data du câble sous-marin de fibre optique South Atlantic Inter Link (SAIL).  Selon ses critères de sélection, le gestionnaire des infrastructures télécoms nationales voudrait collaborer avec une entreprise dotée d’une grande expérience dans l’accompagnement et  le conseil des opérateurs du secteur des télécommunications du segment international, de compétences en management, marketing, gestion, économie et connaissant l’environnement des télécommunications au Cameroun. Le SAIL viendra soutenir le développement de l’économie numérique qui contribuera, par ricochet, à la croissance de l’économie nationale.

C’est dans ce sens que Camtel a lancé le 14 juin 2018 un appel à manifestation d’intérêt pour le recrutement d’un cabinet conseil, BET ou d’un consultant pour un partenariat en vue de la promotion et la commercialisation à l’international du câble sous-marin SAIL. L’objectif principal pour cette entreprise étant de recruter un BET, cabinet conseil ou un consultant devant l’assister dans son projet de modernisation et de valorisation de son patrimoine infrastructurel par le développement du marché des capacités et autres services à l’international. Les postulants à cet appel à manifestation d’intérêt devront avoir une meilleure connaissance du marché des câbles sous-marins et services associés; permettre à Camtel de rentabiliser les infrastructures d’interconnexion aux réseaux étrangers ; positionner le Cameroun comme un hub d’échange des flux des communications internationales entre l’Afrique et les autres continents ; participer à la vulgarisation de l’usage de l’internet au Cameroun et dans la sous-région Afrique centrale.

En dehors du partenaire commercial recherché au Cameroun, Camtel envisage aussi l’ouverture de succursales au Brésil, au Nigeria et en Afrique du Sud. En effet, son directeur général a annoncé le 07 septembre dernier, l’ouverture prochaine de trois filiales de la Camtel dans les villes de départs des câbles sous-marins qui relient le Cameroun au réseau internet mondial. Il s’agit de Fortaleza au Brésil, de Lagos au Nigeria et de Durban en Afrique du Sud. David Nkoto Emane indiquait  que ces succursales viendront assurer la mise en œuvre et l’exploitation desdits câbles, pour une amélioration de la couverture internet du pays. Il affirmait à cet effet que « nous sommes en train de revoir le statut, l’organigramme et le règlement intérieur de Camtel. Nous allons à Fortaleza. C’est tout à fait normal que Camtel ait une succursale à Fortaleza au Brésil, une succursale à Lagos au Nigeria, parce qu’en 2016, Camtel a posé un câble qui relie la ville de Kribi à la ville de Lagos. Donc, il y aura une succursale à Lagos, à Fortaleza et certainement aussi en Afrique du Sud ».

La Rédaction EcoMatin

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