La filière coton centrafricaine a encore fortement reculé en 2025. Les exportations de la Société cotonnière de Centrafrique (Sococa), l’entreprise publique en charge de la transformation et de la commercialisation du coton fibre, ont chuté de 75,1 % en volume, passant de 339,5 tonnes en 2024 à 84,7 tonnes en 2025, selon le rapport de conjoncture de la BEAC à fin décembre 2025, sur la base des données de l’Office national du coton (ONC).
L’agroindustriel a vu cette contraction se répercuter directement sur les recettes d’exportation. Celles-ci sont passées de 312,3 millions FCFA en 2024 à 100,2 millions FCFA en 2025, soit une baisse de 67,9 %. La diminution des recettes reste toutefois moins forte que celle des volumes, en raison de l’amélioration du prix unitaire à l’export, qui a atteint 1 183 FCFA le kilogramme, contre 920 FCFA un an plus tôt, soit une progression de 28,6 %.
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La chute des exportations reflète avant tout l’effondrement de l’offre disponible. La production de coton graine est tombée à 221,4 tonnes, contre 844,7 tonnes en 2024, soit une baisse de 73,8 %. Après égrenage, la production de coton fibre s’est établie à 84,7 tonnes, contre 339,5 tonnes un an auparavant, enregistrant elle aussi un recul de 75,1 %.
Le choc intervient alors que la filière reste confrontée à des difficultés structurelles. La BEAC relève notamment « le coût élevé de production du coton fibre par rapport au prix contractuel de vente au partenaire chinois, le manque d’intrants, notamment les engrais et pesticides nécessaires à l’amélioration de la productivité des cotonculteurs, les arriérés de paiement envers les prestataires et de pistes rurales dégradées qui freinent l'acheminement vers l'unique usine d'égrenage de Bossangoa (250 tonnes /jour)».
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Aussi, spécialisée dans la transformation industrielle du coton en huile, savon ou tourteaux, la Sococa présente un déficit industriel prononcé. Unique opérateur de la filière, elle ne dispose que d’une seule unité de transformation imposant ainsi aux producteurs des principaux bassins de production (Lim-Pendé dans le Centre dans le Nord-Ouest, Kémo et Ouaka dans le Centre-Est) de faire le chemin jusqu’à Bossangoa (dans le nord-ouest du pays). Une distance atteignant parfois 365 km par voie routière (Bossangoa-Ouaka) et qui pousse les producteurs à abandonner le coton pour le vivrier.
L’effondrement des volumes exportés réduit désormais davantage le poids du coton dans les recettes extérieures du pays. Dans la balance des paiements, les exportations de coton, qui constituent le débouché international de la production commercialisée par la filière, ne représentent plus qu’environ 100 millions FCFA en 2025, contre près de 700 millions en 2024. Dans le même temps, les exportations totales de la RCA ont fortement progressé, principalement sous l’effet de la poussée exceptionnelle des ventes d’or.
Marinette Nzogne
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