Au cœur du marché des titres publics de la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC), la place des Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT) connaît une profonde transformation. Connus pour être les principaux acquéreurs des obligations émises par les États de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC), ces intermédiaires financiers - des banques commerciales pour la plupart - voient leur part s’éroder de 15 points en 7 ans. De 80,8% en juin 2018, leur poids est retombé à 66,1% de l’encours global du marché régional de la dette, qui s’établit à 8 451,8 milliards FCFA en mars 2025, d’après le dernier rapport de la banque centrale.
Toutefois, cette contraction relative s’est produite en dépit d’une augmentation en valeur absolue des volumes détenus par les Spécialistes en Valeurs du Trésor, passés de 824,1 milliards FCFA en 2018 à 5 585,3 milliards FCFA en mars 2025. Une baisse en valeur relative qui est donc liée à l’essor de nouveaux investisseurs - particuliers, institutionnels ou autres — dont la montée en force a été favorisée par l’ouverture du marché, la diversification des instruments financiers, et une politique de communication plus transparente de l’institut d’émission commun aux Etats de la CEMAC (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, RCA et Tchad).
Lire aussi : Marché des titres publics : 120 milliards FCFA recherchés par les Trésors nationaux
Les particuliers, par exemple, sont passés de quasi-inexistants en 2018 à 238,3 milliards FCFA de titres en leur possession en mars 2025, soit 2,8% de l'encours global des valeurs du Trésor. Tandis que les institutionnels, principalement des caisses de retraite, des assureurs et des fonds d’investissement, sont passés de 1 milliard FCFA en juin 2018, ce qui représentait à peine 0,1 % de l’encours total, à 1 430,6 milliards de FCFA (16,9% de l’encours) en mars 2025. Cette catégorie d’investisseurs détient 154,4 milliards FCFA de Bons du Trésor Assimilables (BTA) et 1 276,2 milliards FCFA d’Obligations du Trésor Assimilables (OTA), soit respectivement 1,8% et 15,1% de l’encours total, au 31 mars 2025. Ce changement de configuration illustre une transformation structurelle du marché des titres de la CEMAC qui a enregistré une progression mensuelle de 12,3% en mars, par rapport aux 7525,341 milliards FCFA de fin février 2025.
Cette dynamique est largement portée par le Gabon, dont l’encours a bondi de 44,3% sur la même période, pour s’établir à 2 507,8 milliards de FCFA. Il dépasse désormais celui du Cameroun, la première économie de la région, fixé à 1 757,6 milliards de FCFA, et se rapproche de celui du Congo, principal émetteur de ce marché, avec 2 523,6 milliards de FCFA. Loin devant la République centrafricaine (281,3 milliards FCFA), la Guinée Equatoriale (374,4 milliards FCFA) et le Tchad (1 006,9 milliards FCFA).








