Dans le cadre de son projet de loi de finances pour l'exercice 2025, le gouvernement tchadien envisage de mobiliser une enveloppe budgétaire équilibrée de 2 420,8 milliards de Fcfa. Pour réaliser cet ambitieux budget, le pays entend recourir, entre autres, aux emprunts notamment sur le marché des titres publics. Ainsi, sur le marché monétaire, les pouvoirs publics ambitionnent de lever un montant de 400 milliards de Fcfa, soit 265 milliards de Fcfa à travers des émissions d'Obligations de Trésor Assimilables (OTA) et 135 milliards de Fcfa sous forme de Bons de Trésor Assimilables (BTA), avec une moyenne de 30 milliards de Fcfa par mois. Alors que le gros de ces fonds est destiné au financement de projets de développement, une portion significative, sera allouée au règlement d’une partie des charges financières de la dette, englobant paiements d'intérêts et remboursement du capital sur les obligations émises.
Un marché des titres sous tension
Les OTA, émises sur le marché des titres publics de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), sont une nouvelle fois au cœur de la stratégie de financement du Tchad. Cependant, le pays fait face, comme ses voisins de la sous-région, à des défis sur le marché, exacerbés par un durcissement des conditions d'emprunt et un resserrement de la politique monétaire, orchestrés par la Banque centrale pour contenir l'inflation croissante. Malgré ces contraintes, le pays est plutôt un bon client pour les investisseurs du marché sous-régional des titres publics, à cause des taux d’intérêts très attractifs qu’il pratique.
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A en croire les statistiques mensuelles des valeurs du trésor de la Cemac à fin octobre 2024, le Tchad servaient aux investisseurs des taux d’intérêt de 6,97 % sur les BTA, et pourtant, en juin 2018, le coût moyen global des opérations sur cet instrument était de 4,41 %. De même, son taux de rémunération des obligations du trésor affichait deux chiffres (10,29 %), contre un coût global du marché de 7,49 %. Cet appât des taux d’intérêt manié par le Tchad sur le marché des titres public de la Beac fait souvent courir les investisseurs autour des titres tchadiens, souvent deux fois mieux rémunérés que ceux d’un pays comme le Cameroun, passé maître dans la pratique des taux d’intérêts bas, en raison de la robustesse de sa signature sur le marché sous-régional des capitaux.
Précaution
Toutefois, la révision par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) des taux de pondération aux États qui va jusqu'à 100 % pour certains pays crée des incertitudes sur la capacité du Tchad à atteindre ses objectifs de financement sur le marché régional. Cette mesure qui vise à dissuader les banques à prêter aux États compte tenu de leur forte exposition au risque souverain, pourrait compromettre l'exécution des budgets des pays de la Cemac, à moins que le régulateur ne décide de revenir sur sa décision.







