La semaine du 23 au 27 décembre 2024, la République du Tchad a honoré son échéance de remboursement de dettes sur le marché des titres publics de la Cemac. Au total, une enveloppe de 11,3 milliards de Fcfa a été apurée par le Trésor public tchadien, apprend-on du rapport des opérations effectuées sur le marché des valeurs du trésor de cette zone, publié chaque semaine par la banque centrale commune aux 6 Etats de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, République centrafricaine et Tchad). Dans cette enveloppe, 10,7 milliards de Fcfa représentent l’apurement du principal et 618,1 millions de Fcfa les intérêts sur une dette contractée 3 ans plus tôt, au moyen d’une émission d’obligations du trésor assimilables (0TA) sur le même marché. Ces paiements démontrent la volonté du Tchad de renforcer la crédibilité financière de ses opérations sur le marché des titres publics de la banque centrale.
Opération d’emprunt-remboursement
Pour effectuer cette opération de remboursement, N'Djamena a procédé quelques jours plus tôt à lever 50 milliards de Fcfa à travers cinq émissions principales de 10 milliards de Fcfa chacune. Les instruments utilisés sont des Bons du trésor assimilables (BTA) 52 semaines et des OTA 2,3,4 et 5 ans. A travers ce type d’opération d’emprunt-remboursement, le pays de Toumaï met en œuvre la même stratégie qu’affectionnent d’autres pays de la Cemac sur le marché des valeurs du Trésor. Au moment où les besoins en ressources financières des États ne cessent de croître, les trésors nationaux de la Cemac préfèrent préserver leur trésorerie. Pour ce faire, afin d’honorer les échéances de remboursements de dettes, ils lancent de nouveaux emprunts de court terme, qui peuvent même parfois déboucher sur la captation de ressources supplémentaires leur permettant de renflouer leurs caisses après les remboursements, comme cela semble être le cas du Tchad à travers les opérations précitées.
Sauf que dans cette stratégie, le succès dépend de la confiance que les investisseurs placent dans l’émetteur des titres. Lorsque ces derniers répondent positivement à l’offre de l’émetteur en souscrivant à ses titres, l’État émetteur peut alors sereinement effectuer son remboursement grâce aux financements mobilisés au travers de son nouvel emprunt. A contrario, lorsque les investisseurs boudent les titres émis, l’Etat émetteur peut se retrouver soit en défaut sur le marché, soit obligé de recourir à sa propre trésorerie pour honorer son remboursement, et ainsi sauvegarder sa crédibilité, sa solvabilité ou plus simplement sa signature.
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En ce qui concerne le Tchad, le pays est plutôt un bon client pour les investisseurs du marché sous-régional des titres publics, à cause des taux d’intérêts très attractifs qu’il pratique. A en croire les statistiques mensuelles des valeurs du trésor de la Cemac à fin octobre 2024, le Tchad servaient aux investisseurs des taux d’intérêt de 6,97% sur les BTA, et pourtant, en juin 2018, le coût moyen global des opérations sur cet instrument était de 4,41%. De même, son taux de rémunération des obligations du trésor affichait deux chiffres (10,29%), contre un coût global du marché de 7,49%. Cet appât des taux d’intérêt manié par le Tchad sur le marché des titres public de la Beac fait souvent courir les investisseurs autour des titres tchadiens, souvent deux fois mieux rémunérés que ceux d’un pays comme le Cameroun, passé maître dans la pratique des taux d’intérêts bas, en raison de la robustesse de sa signature sur le marché sous-régional des capitaux.







