Au premier semestre de l’année en cours, le marché financier de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) a atteint 1 633,7 milliards de Fcfa de capitalisation boursière. Cette performance marque une progression notable de 13,5% par rapport à la même période de l’année précédente où elle se situait à 1 439,3 milliards de Fcfa, selon le dernier rapport de politique monétaire de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac). Selon la banque centrale, cette hausse témoigne d'une dynamique de croissance.
Ainsi, entre janvier et juin 2024, l'augmentation des activités boursières dans la région a été particulièrement visible à travers la croissance des volumes et des valeurs, tant pour les transactions "franco" que pour les opérations de nantissement. Le terme "franco" désigne ici les opérations où les frais de transaction sont pris en charge par l'acheteur ou le vendeur, tandis que les "nantissements" font référence aux garanties offertes à un créancier par un débiteur. En plus de la hausse de la capitalisation, les volumes de titres échangés ont également connu une forte progression : les transferts de titres sans contrepartie ont bondi de 991 798 à 6 041 250 titres échangés, représentant une augmentation de la valeur de 45,5 milliards à 67,5 milliards de Fcfa.
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Néanmoins, le marché boursier de la Cemac peine toujours à attirer un plus large éventail d’entreprises et de nouveaux investisseurs, les transferts de titres du marché des actions restant modestes. Au premier semestre, seulement 14 ordres de transfert d'actions, représentant 1 469 titres, ont été exécutés par le Dépositaire central unique, illustrant un intérêt limité pour le marché des actions par rapport aux obligations qui ont dominé l’activité boursière, avec plus de 6 millions d'obligations échangées, pour une valeur totale de 67,4 milliards de Fcfa, ce qui porte la valeur nominale de ces obligations à 144 milliards de Fcfa. Le Gabon, la Banque de développement des États de l'Afrique centrale (Bdeac), le Cameroun et le Tchad ont été les principaux acteurs du marché des obligations, représentant respectivement 47,6 %, 26,6 %, 25,7 % et 0,02 % des volumes échangés. Les obligations gabonaises ont été particulièrement prisées, représentant 66,3 % du volume global, suivies par le Cameroun (18,9 %), le Tchad (10 %), la Bdeac (4,7 %) et le Congo (0,2 %).
Malgré ces avancées, la Cemac doit relever plusieurs défis pour attirer davantage d’entreprises et développer un marché plus actif et diversifié. Le marché des actions reste largement sous-développé par rapport à celui des obligations, et les faibles volumes échangés montrent la nécessité de mesures supplémentaires pour stimuler l’engagement des investisseurs. La Bvmac et les autorités financières de la région devront continuer à renforcer la transparence, la liquidité et l’accessibilité des marchés afin d’assurer une croissance durable et compétitive face aux alternatives d’investissement, telles que les titres publics de la Beac.








