Au fil des ans, le marché secondaire des titres publics de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) sort peu à peu de sa léthargie, bien que beaucoup moins dynamique que le marché primaire. Selon le rapport mensuel des opérations du marché des valeurs du trésor publié par la Cellule de règlement et de conservation des titres de la Beac, pour le compte du mois d’octobre, ce marché sur lequel se négocient les titres acquis sur le marché primaire continue d’être largement dominé par les banques agréées comme spécialistes en valeurs du trésor (SVT), qui détiennent 63,9% des valeurs du marché. Mais, l’analyse des chiffres publiés par la banque centrale révèle que ces parts ne cessent de s’amenuiser par rapport aux années précédentes, témoignant d’un intérêt plus poussé des autres investisseurs pour ce marché.
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En République centrafricaine (RCA) et en Guinée Equatoriale par exemple, l’on note une montée en puissance des investisseurs institutionnels sur les émissions de ces deux Etats, au détriment des banques agréées comme SVT. Par investisseurs institutionnels, il faut entendre les organismes qui collectent l’épargne des particuliers et qui la placent sur les marchés financiers. Il s’agit principalement des sociétés d’investissement, des caisses de retraite ou fonds de pension comme la Caisse nationale de prévoyance sociale, ainsi que des compagnies d’assurance.
Cartographie des détenteurs de titres
Les investisseurs institutionnels dominent largement les souscriptions. Avec un encours de 261,9 milliards de Fcfa pour la RCA à fin octobre 2024, les investisseurs institutionnels ont collecté 41,8 % de l’enveloppe totale, soit 109,3 milliards de Fcfa. Des statistiques qui font d’eux la catégorie d’investisseurs qui participent le plus aux opérations de levée de fonds émises par ces deux Etats. Cette catégorie d’investisseurs est suivie des banques agrées comme SVT qui ont réuni 78,85 milliards de Fcfa (30,1 %) ; des établissements de crédit non SVT (25,1 %) et des personnes physiques (3 %).
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A fin octobre 2024, la Guinée équatoriale a mobilisé une enveloppe de 281,5 milliards de Fcfa sur le marché des titres publics de la Beac. La structure des détenteurs des titres de cet Etat de la Cemac fait état de 119,29 milliards de Fcfa (42,36 %) collectés par les investisseurs institutionnels. Les SVT, établissements de crédit non SVT, les personnes physiques et la Beac complètent le tableau de classification avec 39,84 % (112,18 milliards de Fcfa) ; 4,5 % (12,80 milliards de Fcfa ; 0,28 % (0,80 milliards de Fcfa) et 12,97% (36,51 milliards de Fcfa).
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En dépit de cette montée en puissance des investisseurs institutionnels, le marché secondaire des titres de la Beac demeure globalement atone, en comparaison avec d’autres marchés du même type en Afrique, par exemple. Selon une édition de « La lettre de la recherche » de la Beac, parue au premier trimestre 2022, le marché secondaire des titres publics de la Beac ne représentait qu’environ 0,04 % du PIB de la sous-région Cemac en 2020, contre 1,26 % dans l’Uemoa (Union économique et monétaire ouest-africaine), 4,21 % au Maroc et 4,12 % en France.








