Le groupe Nestlé a annoncé ce 23 juillet, la cession de la moitié de son activité eaux et boissons premium à Platinum Equity, un fonds d'investissement californien, pour environ 3 milliards d'euros en numéraire. L'opération donne naissance à une nouvelle coentreprise baptisée Peranel, détenue à parts égales par les deux groupes et valorisée à 4,9 milliards d'euros. La finalisation de l'opération est attendue au premier semestre 2027, sous réserve des consultations sociales et des autorisations réglementaires.
La nouvelle entité regroupera plus de 30 marques d'eaux et de boissons premium, dont Perrier, S.Pellegrino et Acqua Panna, commercialisées dans plus de 120 pays. Son siège sera installé à Paris et sa direction confiée à Muriel Lienau, actuelle responsable mondiale de cette activité chez Nestlé. Le groupe présente cette opération comme un moyen de donner à cette branche davantage d'autonomie pour accélérer son développement. « Cette nouvelle entreprise sera mieux positionnée pour exécuter sa stratégie avec une agilité renforcée », a déclaré Philipp Navratil, directeur général de Nestlé Waters & Premium Beverages.
L'annonce intervient toutefois dans un contexte délicat pour l'activité eaux de Nestlé, en particulier autour de Perrier. Depuis plusieurs années, la marque fait face à une succession de controverses en France portant sur la qualité des ressources exploitées et l'utilisation de procédés de filtration incompatibles avec le statut d'« eau minérale naturelle ». Des contaminations bactériennes et des résidus de pesticides avaient notamment été détectés sur certains sites, conduisant le groupe à recourir à des traitements au charbon actif et par ultraviolets, interdits pour cette catégorie d'eaux. Début 2025, de nouvelles interrogations sur l'utilisation de filtres non conformes ont conduit l'association UFC-Que Choisir à saisir la justice afin de demander le retrait des bouteilles Perrier du marché. Nestlé n'établit toutefois aucun lien entre ces difficultés et la création de Peranel.
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Au-delà de cette opération, le groupe poursuit un vaste programme de rationalisation de son portefeuille d'activités. Après avoir annoncé en avril la cession de sa chaîne de cafés Blue Bottle, Nestlé cherche également à se désengager de sa division vitamines ainsi que de ses activités restantes dans les glaces, afin de concentrer ses ressources sur les segments jugés les plus créateurs de valeur. Parallèlement, le groupe a publié des résultats semestriels en amélioration. Sa croissance organique a atteint 3,6 % au premier semestre, portée notamment par la progression de 7,5 % des ventes de café, emmenées par Nescafé, malgré un début d'année marqué par le rappel de laits infantiles dans plus de soixante pays après la découverte d'une toxine.
Sur le plan financier, Nestlé maintient ses objectifs de création de valeur pour les actionnaires. Le groupe poursuit son programme de restructuration tout en réallouant son capital vers ses activités les plus rentables, dans un contexte où la pression sur certaines de ses marques historiques, notamment dans les eaux minérales, continue de peser sur leur trajectoire de développement.
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