L’agence de notation Moody’s a annoncé, ce 17 juin, avoir abaissé d’un cran la note de crédit d’Oragroup sur ses emprunts à long terme en devises étrangères, passant de Caa2 à Caa3, avec une perspective négative. Cette note, proche de la catégorie de défaut, reflète un risque élevé de non-remboursement malgré quelques espoirs de redressement. Il s’agit d’un sérieux avertissement pour la holding panafricaine, qui contrôle le réseau bancaire Orabank présent dans une dizaine de pays africains. Ce déclassement intervient quelques semaines après que Fitch Ratings a déjà classé Oragroup en quasi-défaut sur ses emprunts libellés en monnaie locale.
Les analystes de Moody’s ont indiqué que cet abaissement « fait suite à la décision de Vista Group Holding SA (Vista) d'abandonner son projet d'acquisition d'une participation majoritaire dans Oragroup le 13 mai 2025 en se retirant d'un accord de vente et d'achat initialement conclu avec Emerging Capital Partners – l'actionnaire majoritaire actuel d'Oragroup ». L’échec de ce deal fragilise la solvabilité d’Oragroup plusieurs niveaux. D’abord parce que Oragroup ne dispose pas d’un coussin suffisant de fonds propres pour faire face à ses engagements ou absorber des pertes en cas de difficultés. De ce point de vue, Moody’s estime que les créanciers non garantis (ceux qui n’ont pas de garanties spécifiques sur leur créance) font face à un risque « accru » de perte. Le risque de refinancement est d’autant plus important que la holding financière doit faire face à d’importantes échéances de remboursement cette année malgré des tensions persistantes de trésorerie.
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Enfin l’agence met à l’index des incertitudes majeures sur le plan de recapitalisation en cours. Les actionnaires ont donné leur feu vert pour lever jusqu’à 160 milliards FCFA après le retrait de Vista. Tant que cette recapitalisation ne se concrétise pas, l’incertitude demeure forte, tant sur la solvabilité du groupe que sur sa conformité aux normes prudentielles de la zone UEMOA. « Le plan de recapitalisation d'Oragroup présente une incertitude prolongée et un risque d'exécution continu qui exercent une pression sur la solvabilité et la position de liquidité du groupe, ce qui pourrait à son tour se traduire par des pertes potentielles plus élevées que prévu pour les détenteurs de créances seniors non garanties ». En gros, toute évolution dépendra de sa capacité à recapitaliser rapidement et à rétablir sa liquidité.
Selon Moody’s, les perspectives de notation d’Oragroup étant négatives, une amélioration reste peu probable à court terme. Néanmoins, un retournement à la hausse pourrait intervenir si Oragroup améliore « de manière significative » sa capitalisation et sa trésorerie, lui permettant de faire face à ses échéances futures. À l’inverse, une dégradation supplémentaire des notations sera envisagée dans l’hypothèse où les pertes pour les créanciers non garantis s’avèrent plus lourdes que prévu, traduisant un niveau de risque plus élevé encore.
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