Le Cameroun maintient sa note «B» mais reste sur une perspective négative sur le calendrier d'échéance de sa dette gérable. C’est ce qui ressort de la dernière évaluation de Fitch Ratings publiée le 9 mai dernier. Cette notation confère au pays une meilleure qualité de crédit que ses voisins de la CEMAC notamment le Congo (CCC+) et le Gabon (CCC) ayant récemment procédé à des échanges de dette en monnaie locale pour allonger les échéances dans un contexte de pressions sur les liquidités. Ainsi, l'accès au marché du Cameroun reste plus fort que celui des autres pays du marché régional et son profil d'amortissement est plus fiable. De fait, « les niveaux modérés de la dette seront soutenus par la mobilisation des recettes non pétrolières et la restriction des dépenses, » indique l’agence américaine.
Mais Yaoundé reste sujette à des indicateurs de gouvernance médiocres et des problèmes de sécurité persistants. « Les perspectives négatives reflètent les risques politiques liés aux problèmes de succession potentiels et les faiblesses structurelles de la gestion des finances publiques, mises en évidence par une mauvaise gestion des liquidités, des retards de paiement de la dette extérieure et l'accumulation d'arriérés intérieurs, » peut-on lire sur la note d’évaluation.
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Fitch suppose que le président Paul Biya, âgé de 92 ans et au pouvoir depuis 1982, remportera l'élection présidentielle prévue en octobre 2025, garantissant ainsi la continuité des politiques. Néanmoins, les tensions sociales et politiques pourraient s'accroître au cours de la période précédant l'élection, augmentant ainsi les inquiétudes quant à la stabilité politique. L'absence de plan de succession et les divisions et rivalités politiques au sein du parti au pouvoir augmentent le risque d'une transition désordonnée du pouvoir.
En raison de la baisse des prix du pétrole et de la production, Fitch projette une baisse des recettes pétrolières. Mais grâce à des mesures de mobilisation des recettes, à la réduction des exonérations fiscales et à l'amélioration des administrations fiscales et douanières, les recettes non pétrolières s'amélioreront progressivement. Ce qui conduira au maintien autour de 1 % (du déficit budgétaire) et 1,5 % du PIB en 2025-2026 (le déficit de trésorerie), en dessous de la médiane « B » de 3,2 % prévue. Avec le rythme de remboursement net des arriérés, des incertitudes planent sur la trajectoire budgétaire.








