Selon Fitch Solutions, filiale du groupe Fitch spécialisée dans l’analyse économique et sectorielle, les exportations d’hydrocarbures du Cameroun devraient reculer de 7,5 % en 2025. Cette prévision figure dans sa note sur le risque pays publiée le 3 mars 2025.
Sur la base des volumes exportés en 2023, estimés à 4.630.000 tonnes selon le rapport Commerce extérieur 2023 de l’Institut national de la statistique (INS), cette baisse impliquerait une réduction des exportations à 4.282.750 tonnes en 2025. Ces exportations concernent le pétrole, le gaz naturel liquéfié ainsi que les carburants et lubrifiants, conformément à la nomenclature de l’INS.
Lire aussi : Production pétrolière : le Cameroun prévoit une baisse de 2,2 millions de barils en 2025 (-9,6%)
Bien que le document n’explique pas explicitement les causes de cette contraction des exportations d’hydrocarbures, elle semble principalement liée à une baisse de la production nationale. « Selon notre équipe Pétrole et Gaz, la production d'hydrocarbures se contractera de 1,7 % », indique Fitch dans son rapport. Ainsi, cette diminution affectera particulièrement le pétrole brut. D’après les projections du "Rapport sur la situation et les perspectives économiques, sociales et financières de la nation", la production pétrolière du Cameroun devrait passer de 22,9 millions de barils en 2024 à 20,7 millions de barils en 2025, soit une baisse de 2,2 millions de barils (-9,6%) en glissement annuel.
Cette situation est directement liée au vieillissement et au tarissement des champs pétroliers camerounais. « La baisse de la production est constante. Ça veut tout simplement dire qu’on n’arrive pas (encore) à remplacer nos réserves en pétrole. Dans notre industrie pétrolière, il y a un ratio production-découverte pour pouvoir balancer les réserves. Quand les réserves ne sont pas remplies, les gisements (champs pétroliers) tarissent. Et quand les champs pétroliers tarissent, cela entraine automatiquement la baisse de la production parce que, entretemps, il n'y a pas de nouveaux champs qui sont mis en production pour palier la situation », explique Bareja Youmssi, expert en mines et pétrole, enseignant-chercheur rattaché à l'Ecole Polytechnique de Bamenda dans le Nord-Ouest du pays.
Lire aussi : Cameroun : volte-face sur les prévisions des recettes pétrolières en 2025 (-8,3%)
Or, une baisse de la production entraîne mécaniquement une diminution des exportations, impactant directement les recettes pétrolières du pays. Une situation qui est davantage exacerbée par la fluctuation des cours mondiaux du pétrole. Ainsi, la loi de finances rectificative 2024 du Cameroun prévoit des recettes pétrolières de l’ordre de 734,8 milliards de Fcfa en 2025, en baisse de 66,8 milliards de Fcfa (-8,3%) comparé aux objectifs de la loi de finances initiale. Ce qui aura par ailleurs un impact sur les recettes globales d’exportations du pays.









