Oriole Resources, qui détient une licence d'exploration sur le gisement aurifère de Bibemi dans le Nord du Cameroun, veut accélérer les démarches pour décrocher un permis d'exploitation. Eileen Carr, la présidente de la société, l'a annoncé dans une lettre adressée aux actionnaires le 2 avril, après la publication des résultats annuels de la société minière britannique. « Bien que d'autres entreprises aient connu des processus de demandes longs, nous espérons que le Cameroun, impatient de voir sa première mine d'or commerciale, accélère les négociations pour que Bibemi devienne cette première mine. », a déclaré la dirigeante. La demande du permis d'exploitation de ce gisement avait été déposée en juin 2024.
En effet, le prix de l'or a grimpé en flèche ces derniers temps, passant de 2 000 dollars (environ 1,2 million de Fcfa) l'once en 2024 à un record de 3 160 dollars (environ 2 millions de Fcfa) le 1er avril 2025. Cela représente une augmentation de 1 160 dollars (705 280 Fcfa) en un an, soit une hausse de 58 %. Cette flambée s'explique par les tensions mondiales (Ukraine, Moyen-Orient), l'incertitude économique liée aux politiques américaines (droits de douane) et les perspectives de baisse des taux d'intérêt aux États-Unis. Oriole Resources voit là une opportunité d'accélérer le développement de sa mine de Bibemi, un gisement stratégique à fort potentiel. « Le programme de forage a finalement été achevé au début de février 2025 et nous attendons maintenant le modèle de ressources mis à jour de nos consultants indépendants qui devraient bénéficier des résultats de forage supplémentaires. De plus, des travaux d’essai métallurgiques et minéraliaires avancés ont été entrepris afin de mieux évaluer la voie de traitement et ces résultats sont imminents. Une fois armé de ces informations, notre modèle économique sera mis à jour, ce qui devrait bénéficier de l’amélioration significative du prix de l’or et nous permettra de faire progresser notre demande de licence d’exploitation. », précise Eileen Carr.
Le gouvernement camerounais n'a pas encore réagi à cette annonce. Cependant, on sait que le pays cherche à diversifier son économie et à attirer les investissements étrangers dans le secteur minier, dans un contexte marqué par une contribution du secteur extractif au PIB qui n'a représenté que 6,29 % en 2022, et par des prévisions de baisse de la production d'hydrocarbures en raison du vieillissement des champs pétroliers exploités. L'attribution d'un permis d'exploitation de l’or à Oriole Resources pourrait donc être considérée comme une étape positive dans cette direction.
Il faut rappeler que pour accélérer les activités à Bibemi, Oriole Resources a cédé 50 % de sa licence à BCM International en 2024. Cet accord a permis à la juniore minière britannique de bénéficier d'un financement de 4 millions de dollars (environ 2,4 milliards de Fcfa) pour l'exploration et d'une prime de 1,5 million de dollars (soit 900 millions de Fcfa). Les forages sur ce site, clôturés en février 2025 avec 5 trous, ont confirmé la richesse du gisement, avec des résultats prometteurs : 4,10 mètres à 7,99 g/t d'or, 5,30 mètres à 1,68 g/t, 2,70 mètres à 14,67 g/t et 2,00 mètres à 12,50 g/t. Ces découvertes augmentent le potentiel du gisement, estimé en 2024 à 375 000 onces d'or à 2,30 g/t, dont la valeur a, autre fois été évaluée sur la base d'un prix de l'or de 2 000 dollars (soit 1,2 million de Fcfa) l’once. « Malgré quelques retards, les forages ont été menés à bien », a déclaré la PDG.



