L’AFIS s’est tenu les 3 et 4 novembre à Luanda. Pourquoi la CEMAC devait-elle y être ?
L’AFIS a réuni les principaux décideurs et acteurs de la sphère financière du continent. Notre marché financier est encore peu visible à l’échelle africaine. Y être présents, c’est faire connaître nos émetteurs, nos réformes et nos opportunités aux investisseurs.
Près de 15 ans après la création de la BVMAC, où en est réellement le marché financier régional ?
Il progresse, mais reste concentré. Sa profondeur est perfectible, bien qu’en constante progression depuis cinq ans. Il doit surtout renforcer son rôle dans le financement de nos économies.
La capitalisation boursière, qui progresse également, est portée en grande partie par les sociétés de bourse et les sociétés de gestion d’actifs (Asset Managers), dont l’encours sous gestion (AuM) approchait 1 500 milliards FCFA fin 2025. L’entrée en bourse de BGFI Holding en 2026 a boosté le compartiment actions.
Émetteurs, intermédiaires, régulateur : quels signaux positifs observez-vous?
Côté émetteurs, de nouveaux candidats avancent vers la BVMAC, et BGFI Holding a marqué un tournant par son IPO réussie, tant en volume qu’en nombre de souscripteurs. Pour ce qui est intermédiaires, plusieurs nouveaux acteurs ont été agréés en 2026 pour renforcer et diversifier l’offre de marché.
Quant à la régulation, la COSUMAF a agréé la toute première agence de notation financière de la zone et lance la réforme du placement privé. Elle a aussi retiré l’agrément de deux intermédiaires, ce qui montre une surveillance active.
Par ailleurs, une récente évolution des textes encourage la mise en place de la fragmentation des titres pour accroître la liquidité sur le marché. L’allègement des conditions d’accès pour les PME, qui représentent 80 % du tissu économique, va aussi dynamiser leur accès à la cote
Quels défis restent à relever ?
Le manque de liquidité et le nombre limité d’émetteurs, notamment sur le compartiment actions. Il faut aussi construire l’éducation financière du grand public et renforcer la confiance des investisseurs étrangers.
Concrètement, quel rôle jouent les sociétés de gestion, et comment Kori s’y inscrit-elle ?
Les sociétés de gestion transforment l’épargne en financement de l’économie. Chez Kori, créée en 2022 et agréée en 2023, nous voulons démocratiser l’accès au marché financier par une épargne dynamique, dont les épargnants gardent le contrôle grâce à nos Fonds Communs de Placement (FCP).
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Nous finançons les États à travers les emprunts obligataires, mais aussi les entreprises privées qui viennent chercher des capitaux sur le marché.
Qu’étiez-vous venu chercher à Luanda, pour Kori comme pour la place financière de la zone ?
Dans le cadre de la diversification de nos portefeuilles, nous voulions comprendre les grandes tendances macroéconomiques du continent et trouver des partenaires internationaux pour mieux amorcer l’accès à leurs marchés. Nous souhaitions aussi échanger avec d’autres places financières africaines pour identifier des opportunités de montée en compétence et et enfin convaincre certains investisseurs africains et internationaux encore réticents de l’appétence actuelle de notre marché en leur donnant plus de contexte et meilleure compréhension du risque local.
Quels enseignements retenez-vous des échanges, et quelles pistes de solution se dégagent pour l’Afrique ?
Les défis restent finalement les mêmes à l’échelle africaine : mobilisation de l’épargne domestique, intégration financière régionale (paiements, commerce régional, inclusion financière), souveraineté financière et souveraineté en matière d’intelligence artificielle (gestion de nos données).
Il revient donc aux acteurs africains de trouver ensemble des solutions idoines, adaptées à nos réalités locales, puisque les ressources (humaines, financières, minières) semblent disponibles, mais sous-utilisées ou mal exploitées.
L’exploitation de nouveaux paradigmes (blockchain, tokenisation, désintermédiation, IA, mobile banking et paiements, énergies renouvelables…) permettrait d’envisager, au-delà des pratiques de bonne gouvernance et de transparence, des pistes de solution à moyen et long terme.
Quel message souhaitez-vous adresser, au terme de cette édition, à l’écosystème CEMAC et à vos partenaires ?
Nous avons constaté une forte mobilisation d’acteurs financiers de la zone CEMAC (assureurs, banques, intermédiaires de marché, presse financière, BEAC). Cela nous conforte dans l’idée que cette visibilité commence à porter ses fruits et crédibilise encore plus notre écosystème. Nous avons pu échanger avec plusieurs acteurs importants de la zone UEMOA notamment, ce qui nous laisse envisager des perspectives très encourageantes pour Kori et sa clientèle de plus en plus exigeante.
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Un bravo spécial à Horus Investment Capital, acteur majeur de cette édition de l’AFIS à Luanda.











