En 2025, la production pétrolière de la République du Congo pourrait franchir un nouveau seuil. Le gouvernement ambitionne de quasiment doubler sa production journalière de pétrole pour atteindre 500 000 barils contre environ 330 000 de barils par jour en 2024. En effet, d’après le ministère des Hydrocarbures du Congo, cela devra être possible grâce à une série de projets phares que compte mener trois majors pétrolières européennes et asiatiques dans le pays.
Il s’agit dans un premier temps du géant français TotalEnergies, détenant plus de la moitié de la production pétrolière nationale, qui projette un investissement de 600 millions de dollars soit environ 380 milliards de Fcfa. Ce financement vise à doper les capacités de production du champ Moho Nord, situé en eaux profondes. Ce champ, qui contribue à près de 50% de la production pétrolière quotidienne du Congo, soit environ 140 000 barils par jour (bpj), devrait ajouter 40 000 bpj supplémentaires. Calculette en main, TotalEnergies projette une production de 180 000 bpj en 2025.
Deuxièmement, le franco-britannique Perenco qui envisage de moderniser les champs matures de Tchibouela II et Tchendo II, par des investissements dans les technologies de fourrage avancées et les évaluations sismiques. ces investissements visent à permettre le déploiement d'une nouvelle plateforme de forage entièrement adaptée aux caractéristiques du champ en mer Émeraude. Cela suggère une nouvelle campagne de forages qui se déroulera au cours de l’année. Une stratégie qui ambitionne de permettre au 2e producteur de pétrole au Congo de porter sa production journalière à 100 000 bpj contre 80 000 bpj actuellement, soit une hausse de 25%.
La troisième compagnie pétrolière, Trident Energy qui vient d’entrer sur le marché de l’exploitation du pétrole au Congo avec l’acquisition des actifs de Chevron et TotalEnergy Congo dans des champs précis pour un montant estimé à plus de 960 milliards de Fcfa, prévoit une augmentation de sa production mondiale de 30 000 barils par jour. Et ce, à travers ses 4 principaux champs Nkossa, Nsoko II, Lianzi et Moho-Bilondo, d’une capacité totale de production de 49 000 barils par jour (près de 15% du volume global produit par le pays).
Contribution de près de 53%
Il faut ainsi relever que ces projets illustrent la volonté du Congo de maximiser ses capacités en matière pétrolière et de rester attractif auprès des investisseurs internationaux. Ce pays espère d’abord tirer profit de ces avancées pour être parmi les grands producteurs d’hydrocarbures d’Afrique et impulsion de l’économie nationale. Une initiative qui devra permettre au gouvernement congolais d’augmenter sa production nationale de pétrole d’environ 170 000 barils par jour en fin 2025 soit près de 182,5 millions de barils produit en 2025.
Ces trois multinationales européennes devront de fait, contribuer à près de 53% de la hausse de production pétrolière. Les parts restantes reviennent aux 7 autres sociétés opérant dans des champs pétroliers notamment les sociétés locales [Aogc et Snpc] et internationales [Congorep (joint-venture Perenco-SNPC), Mercuria (suisse), Pelfaco (nigérian), Adnoc (Emirat Arabes Unis) et Wing Wah (chinois)].
Recettes pétrolières en baisse
S’il est vrai que la production pétrolière au Congo s’annonce à la hausse, les recettes pétrolières quant à elles pointent à la baisse. En effet, le gouvernement table sur des recettes pétrolières de l’ordre de 1 231 milliards de Fcfa contre 1 465 milliards visés en 2024, soit une baisse de 15,7% en glissement annuel. Cette prévision prudente des recettes pétrolières, malgré une croissance globale prévue en hausse de 3% en 2025, s’appuie sur plusieurs raisons mais plus particulièrement sur la volatilité des cours du pétrole au cours de l’année. Selon la Société nationale des pétroles du Congo (Snpc), le 4ème trimestre de l’année 2024 a été marqué par une baisse de près de 7% du prix du brut congolais après une baisse de 6,7% au 3ème trimestre et 5,2% au second. A l’international, le prix du baril a en effet atteint une moyenne de 74,41 dollars, en enregistrant une baisse d’environ 5,44 dollars par baril par rapport à la même période en 2023, en raison du recul de la demande mondiale notamment en Chine, ainsi que par des tensions géopolitiques persistantes.








