Pour le 4e trimestre 2024 le Cameroun a enregistré une croissance de 1,6% de son Produit intérieur brut (PIB), selon l’Institut national de la statistique (INS) dans sa note sur les "Comptes nationaux trimestriels". Par rapport à la même période en 2023 ou le PIB connaissait une croissance de 2,2% on observe un recul de 0,6 point de cet indicateur.
Ce ralentissement est principalement imputable au secteur secondaire, qui regroupe les activités de transformation de matières premières en biens manufacturés ou semi-finis. Entre le quatrième trimestre 2023 et celui de 2024, ce secteur est passé d’une croissance de 1,1 % à une contraction de -0,7 %, soit une baisse de 0,2 %. Cette contreperformance est liée à la mauvaise tenue des industries extractives, dont l’activité a chuté de 19,2 %. Selon l’INS, ce segment reste en récession depuis le deuxième trimestre 2023.
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Dans le détail, les industries extractives, qui regroupent les hydrocarbures (pétroles et gaz) les mines et carrières, subissent une double pression : d’une part, le vieillissement des champs pétroliers, et d’autre part, la volatilité des prix mondiaux. Ce dernier aspect a d’ailleurs conduit le gouvernement à revoir ses prévisions de recettes pour l’année 2025. Selon le projet de loi de finance rectificative, l’enveloppe désormais attendue est de 641,5 milliards FCFA contre 734,8 milliards dans la loi de finance initiale, soit une baisse de 93,3 milliards FCFA (-12,7 %).
La contreperformance du secteur secondaire a toutefois été atténuée par les bonnes performances des secteurs tertiaire et primaire. Le tertiaire (services, commerce, transports, finance, administration, etc.) a progressé de 4,4 %, tandis que le secteur primaire (agriculture, chasse, pêche, élevage, exploitation forestière) a crû de 3 %. Cette dynamique est portée, d’une part, par l’essor des services financiers et administratifs, et d’autre part, par la vitalité des productions vivrières, agricoles d’exportation, de la pêche et de l’élevage.
Il convient néanmoins de souligner que la faiblesse du secteur secondaire reflète les limites structurelles de l’économie camerounaise. Le pays continue d’exporter des matières premières brutes sans réelle capacité de transformation locale, ce qui entretient une balance commerciale structurellement déficitaire.
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