Bello Bouba Maïgari, Issa Tchiroma Bakary et Cabral Libii face au défi du consensus autour de leur candidature à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Alors que la campagne a commencé officiellement le 27 octobre 2025, des candidats retenus par le Conseil Constitutionnel pour le scrutin présidentiel, se sont désisté au profit de leurs concurrents. Il en est ainsi de Akere Muna, porté par le parti Univers, qui a rallié le camp de l’UNDP. Ateki Caxton, candidat du Parti de l’alliance libérale (PAL) de Célestin Bedzigui, s’est lui aussi retiré de la course pour soutenir la candidature de l’ancien Premier ministre Bello Bouba.
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Le même rallye est observé autour d’Issa Tchiroma, candidat du FSNC qui, à défaut d’avoir à ses côtés des concurrents désistés, accueille des foules de militants, démissionnaires du RDPC. D’autres hauts responsables du Mouvements pour la Renaissance du Cameroun s’allient également à l’ancien ministre des Transports de Paul Biya en plus de l’Union pour le changement que conduit Anicet Ekane, qui en a fait son candidat.
Cabral Libii quant à lui a reçu le soutien d’un parti politique qui n’a pas présenté de candidat à cette élection. Il s’agit de l’Alliance républicaine de M. Bamanga dont les actifs politiques sont pour le moins rares.
Garanties électorales
La tentative d’alliance entre Bello Bouba et Issa Tchiroma qui jusqu’ici n’a pas prospéré, repose en apparence sur une affinité géographique et politique forte. Les deux hommes sont des têtes couronnées du Grand-Nord qui représente un poids électoral non négligeable. Leurs candidatures concurrentes menacent de fragmenter l'électorat du Septentrion, traditionnellement acquis au parti au pouvoir du candidat Paul Biya.
Pour certains analystes, les candidatures de ces deux anciens ministres de Paul Biya, sont interprétées comme un calcul de positionnement en vue des échéances futures (législatives, municipales, ou un rôle post-Biya) plutôt qu'un engagement idéologique fort pour une rupture immédiate. Si jusqu’ici aucun communiqué officiel des états-majors n’a signé la fin des négociations entre les deux hommes qui semblent s’arc-bouter sur leurs égos, les pourparlers se poursuivent en coulisses, loin des oreilles indiscrètes. Des garanties post-électorales constitueraient des blocages rédhibitoires à ce front uni : un rôle de choix pour le candidat qui se désisterait (Premier Ministre, Président de l'Assemblée, etc.) et une part du pouvoir pour leurs partis respectifs.
Mésentente
L’idée d’une candidature consensuelle a déjà connu un revers significatif. Début septembre, Issa Tchiroma Bakary a été désigné "candidat consensuel" par une plateforme de l’opposition ("Front du changement 2025"), après avoir satisfait à des critères comme l’engagement à ne pas battre campagne sous la bannière de son parti et la promesse de convoquer des assises nationales après son élection.
Cependant, cette désignation n’a cependant pas fait l'unanimité. Bello Bouba Maïgari et Cabral Libii s’étant désolidarisés de cette démarche, affirmant que le consensus ne peut être imposé. Du coup, la question du sérieux de ces manœuvres de coulisses demeure tant la tradition politique camerounaise reste marquée par la fragmentation et l’égoïsme de l'opposition. Toute chose qui rend la perspective d’un front uni contre le candidat du parti au pouvoir peu probable.
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De plus, le scrutin uninominal majoritaire à un tour en vigueur au Cameroun, exige un candidat unique face au champion du pouvoir pour avoir une chance, même minime, de victoire. Cependant, l'absence de confiance idéologique profonde, la prévalence des intérêts partisans et des calculs ethnico-régionaux (brisent systématiquement l’éventualité de coalition possible.
Quatre jours après le lancement de la campagne, le retrait de certains candidats devient extrêmement difficile, certains craignant de perdre la face auprès de leur électorat. Un retrait de dernière minute pour certains analystes, nécessiterait des concessions considérables et une capacité de transfert de voix qui est loin d'être garantie.
Le Septentrion : grand enjeu
Si une alliance entre Bello Bouba et Tchiroma se concrétisait, elle pourrait consolider le vote de l’électorat du Nord, mais au détriment de l'élan national. Sans l'adhésion d'une figure comme Cabral Libii (pour la jeunesse) ou des autres leaders de la partie Sud du pays, l'impact resterait régionalisé.
En somme, les discussions en cours sont des alliances de circonstance motivées par l'espoir d'une négociation post-électorale avantageuse ou, au mieux, par la volonté de garantir la vérité des urnes par une présence accrue dans les bureaux de vote ainsi que l'évoque Bello Bouba. Si l'appel à l'union est fort, l'issue la plus réaliste reste un maintien de ces trois candidatures concurrentes jusqu'au 12 octobre, confirmant la malédiction de la division de l'opposition camerounaise face au bloc monolithique du parti au pouvoir.
PCA





