Le Tchad peut désormais compter sur Afreximbank pour trouver des financements partiels à son Plan National de Développement “Tchad Connexion 2030”. En marge de la 32ᵉ Assemblée générale annuelle de la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank) tenue à Abuja (Nigeria) le 28 juin dernier, le ministre d’État, ministre tchadien des Finances, du Budget, de l’Économie, Tahir Hamid Nguilin, a signé un protocole d’accord (MoU) avec George Elombi, Président de l'institution en vue d’un financement « pouvant atteindre 1,5 milliard de dollars (près de 840 milliards FCFA en faveur du secteur privé tchadien », a annoncé N’Djamena.
Pour les autorités tchadiennes, ce protocole marque une étape importante dans le renforcement des relations avec l’institution bancaire, et établit un cadre de coopération couvrant plusieurs secteurs prioritaires pour le développement économique du pays. Il s’agit notamment du développement du potentiel agropastoral, de l’agriculture d’exportation, du commerce de l’or, de la navigabilité du Lac Tchad et du raffinage du pétrole brut. Il convient de noter que, lors d’un Conseil des ministres le 29 mai 2025, le Tchad a adopté son plan national de développement d’un coût global estimé à 30 milliards de dollars (environ 18 000 milliards FCFA). Le pays de Mahamat Idriss Deby Itno ambitionne ainsi de mobiliser 16 milliards de dollars, soit 53% de ce montant, auprès des bailleurs internationaux ; 9 milliards, soit 28 %, via des financements mixtes ; 5 milliards, soit 18%, auprès du secteur privé ; et 1% à partir de ses ressources propres.
Lire aussi : Qui est George Elombi, le juriste Camerounais aux commandes d’Afreximbank ?
Ce programme gouvernemental se fixe plusieurs objectifs majeurs visant à faire du pays un État émergent d’ici 2030. De manière globale, les 241 projets et réformes stratégiques identifiés dans le PND devraient permettre une croissance de 10% du produit intérieur brut (PIB), tout en améliorant les conditions et le niveau de vie des populations tchadiennes. Les secteurs clés choisis dans le cadre de cet accord ne sont pas fortuits dans la mesure où le Tchad, qui regorge d’importantes réserves, est le quatrième producteur de pétrole brut en zone Cemac avec une contribution estimée à plus de 19%. En 2024, la Banque centrale a prévu une production de brut de 7,7 millions de tonnes pour le pays de Toumaï sur une production cumulée de 40,2 millions de tonnes pour les six pays. Les financements attendus d’Afreximbank pourraient ainsi lui permettre de raffiner pétrole sur place afin de réduire les importations qui coûtent cher à l’État.



