Le 23 juin dernier, le gouvernement centrafricain a annoncé la réhabilitation et la modernisation de la cimenterie de Nzila, située au sud-ouest de Bangui. Pour relancer les travaux de l’usine, à l’abandon depuis la crise sécuritaire de 2013, le pays que dirige Faustin-Archange Touadera s’est rapproché de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) pour la recherche des partenaires financiers et techniques.
« Le Président de la République s’est entretenu avec le Gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui […] un point central de l’audience a concerné la relance de la cimenterie de Nzila. Le Gouverneur a informé le président des avancées significatives à la suite de ses discussions avec des partenaires pour la réhabilitation et la modernisation de cette infrastructure industrielle vitale pour notre pays », a déclaré Maxime Balalou, porte-parole du gouvernement lors d’une conférence de presse.
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La reprise espérée des activités sur le chantier devrait aboutir à la mise en service de l’usine, unique projet de cimenterie du pays, la création d’une centaine d’emplois, la réduction des importations et l’amortissement des poussées inflationnistes dans le but ultime de redresser l’économie nationale. Ladite cimenterie est un projet autrefois porté par le groupe indien Jaguar Overseas Limited et financé par Exim bank of India. Les travaux, lancés en août 2007 avec un fond de démarrage de 32 milliards FCFA, étaient prévus pour s’achever 10 ans plus tard. L’usine devait approvisionner le marché local grâce à une capacité journalière de 400 tonnes. Le taux d’avancement du chantier de l’usine, construite sur un site de plus de 30 ha, était à 73% avant l'arrêt, selon les archives médiatiques.
Rationnaliser les prix
Son activité devrait baisser drastiquement le prix du ciment vendu localement. En République centrafricaine, le coût du ciment a connu une hausse vertigineuse au cours des trois dernières années. La rareté du produit inhérente à l’inexistence de cimenteries sur le territoire a eu pour conséquence d’alimenter une spéculation inédite qui est telle qu’en plein Bangui, la capitale, il faut débourser jusqu’à 14 500 Fcfa actuellement dans certains points de vente pour un sac de ciment, soit près du triple des prix pratiqués au Cameroun et au Congo. Toute chose qui contribue à porter à la hausse le taux d’inflation dans le pays, attendu à près de 4% en 2025 (BAD). En l’absence d’unité de production locale de ciment, le pays est à 100% dépendant de l’importation et ses principaux fournisseurs en 2023 ont été le Cameroun (66,1%) et le Congo (32,7%).

