elite_capital-15-09-2026
Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Mines et énergiesEecomembre

République centrafricaine : après la Turquie, l’Iran s'intéresse à l’uranium de Bakouma

Sous surveillance des puissances occidentales qui mettent tout en œuvre pour l’empêcher de parachever son programme nucléaire, Téhéran aurait établi des contacts avec les autorités centrafricaines en vue de l’exploitation de la mine de Bakouma, qui intéresse également le turc Koza Gold Corporation.

Publiée samedi 18 mai 2024 à 21:06:05Modifiée mardi 21 mai 2024 à 07:12:08Temps de lecture 4 minPar Jean Omer Eyango

La mine de Bakouma
La mine de Bakouma.jpg

Une délégation centrafricaine conduite par le ministre des Petites et Moyennes entreprises et de la Promotion du Secteur Privé, Hyppolite Ngaté Robard, a séjourné du 27 avril au 1er mai derniers à Téhéran, où elle est allée prendre part à l’exposition internationale Iran Expo 2024. En marge de cet événement, la délégation a pu honorer quelques rendez-vous, notamment avec les ministres iraniens de l’Industrie, des Mines et du Commerce, des Affaires étrangères ou encore avec le premier vice-président de la République islamique d’Iran, Mohammad Mokhbér. Les échanges lors de ces audiences ont porté essentiellement sur les possibilités d’accroissement de la coopération bilatérale entre l’Iran et la République centrafricaine, principalement dans les domaines de l’agriculture, du commerce et de l’éducation. Le site d’information français Mondafrique rapporte que les deux parties ont évoqué la possibilité de mettre en place une coopération militaire qui impliquerait la livraison d’armes à la RCA par l’Iran, à quelques 2 mois d’une éventuelle levée totale par le Conseil de sécurité de l’ONU, de l’embargo sur les armes imposée au pays depuis bientôt 10 ans.

D’après la même source, les parties centrafricaine et iranienne ont enfin évoqué l’éventualité d’un accord bilatéral pour l’exploitation de la mine d’uranium de Bakouma, située dans le sud-est de la République centrafricaine. Ces développements interviennent au moment même où des informations démenties par la junte militaire au pouvoir à Niamey font état de « négociations clandestines » du Niger avec l’Iran pour l’achat de 300 tonnes de concentré d’uranium issu de la mine d’Arlit, co-exploitée par l’Etat nigérien et le groupe nucléaire français ORANO (ex-AREVA). En effet, l’Etat nigérien qui détient 36,6 % des parts de la Société des mines de l'Aïr (Somaïr) a la possibilité de vendre directement à d’autres partenaires sa part de l’uranium issu de cette mine. C’est dans cette logique qu’il aurait engagé des négociations informelles avec l’Iran. Cette éventualité déplaît aux puissances occidentales, qui par le biais de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), imposent des sanctions internationales au nom desquelles l’Iran ne peut acheter de l’uranium.

Si le rapprochement récent de Bangui et Téhéran a effectivement pour trame l’uranium, il ne fait pas de doute que la République centrafricaine qui croule déjà sous le poids d’un embargo sur ses diamants, imposé par le processus de Kimberley et le Conseil de l’Union européenne, se mettra à dos les grandes puissances occidentales que le président Faustin Archange Touadera appelait dans son message du nouvel an 2024 « à renoncer à la diplomatie coercitive, punitive et à l’unilatéralisme, visant à asseoir leur hégémonie par l’entremise des leviers et des mécanismes de représailles tels que l’embargo, les sanctions économiques et financières, l’instrumentalisation des institutions financières internationales (…) ». En l’état actuel de l’exploration, le potentiel de la RCA est estimé à environ 32.000 tonnes d’uranium. En 2022, l’entreprise turque Koza Gold Corporation avait manifesté l’intérêt d’exploiter cet uranium concentré dans la zone de Bakouma. Elle avait même procédé à la signature d’un accord de sécurisation du gisement de la localité éponyme, avec le gouvernement centrafricain.

Une mine maudite ?

Enième repreneur du projet, Koza Gold n’est pas parvenue à lancer l’exploitation proprement dite de l’uranium de Bakouma. Le gisement découvert sous la colonisation en 1949 par le commissariat français à l’énergie atomique a en effet tout d’une mine maudite. Dans les années 1960, l’empereur Jean Bedel Bokassa avait échoué à lancer son exploitation. La Compagnie française des minerais d’uranium (CFMU) qui lance sa première exploration en 1969 avait fini par abandonner le projet en 1973 au profit d’une société suisse. En 2006, le canadien UraMin reprend les permis miniers de Bakouma, pour un montant de 16 millions de dollars. En 2007, cette entreprise surévalue la valeur de la mine à 3,8 milliards de dollars avant de la revendre à AREVA. Montant de la transaction, 2,5 milliards de dollars. Sur le point de lancer l’exploitation, l’entreprise française verse 10 millions d’euros et 50 millions d’euros supplémentaires au trésor centrafricain pour obtenir toute la paperasse.

Le 03 mars 2011, coup de théâtre, les actifs liés à UraMin subissent une sévère dépréciation à hauteur de 426 millions d'euros. Le 02 mars 2012, une deuxième dépréciation des actifs d’UraMin intervient, obligeant AREVA à réduire à zéro la valeur du site de Bakouma et se retirer définitivement après une attaque de groupes armés sur son site. A ce jour, l’affaire reste pendante devant la justice française. Le top management de l’époque y répond pour « diffusion de fausses informations », « publication de comptes inexacts », « abus de pouvoir »et « faux et usage de faux ». Le juge Renaud Van Ruymbeke tente de comprendre si la société UraMin, achetée à 1,8 milliard d'euros en 2007, a été correctement valorisée dans les comptes d'AREVA entre 2008 et 2011.

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
La suite après cette publicité
ecomatin magazine n3

EcoMatin Magazine international est disponible
Pour lire ce numéro cliquez ici

  • Accueil
  • Mines et énergies
  • République centrafricaine : après la Turquie, l’Iran s'intéresse à l’uranium de Bakouma
Koza GoldArevaUraMinORANOArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

KHPC_APD-Mines et énergiesCameroun : plus de 50 financiers manifestent leurs intérêts pour le barrage de KikotTrois ans après la création de la société de projet, les partenaires peaufinent des stratégies pour lever des fonds destinés à financer l’une des plus grande infrastructure électrique d’Afrique Centrale.il y a 4 heuresMines siteMines et énergiesMines : le Tchad suspend toute nouvelle demande de prospection jusqu’à nouvel ordreUne décision qui coïncide avec la refonte du Code minier, la modernisation du cadastre et une reprise en main des zones d’exploitation.il y a 1 jourEpremiumopcMines et énergiesPétrole : le Congo vise 1 695 milliards FCFA (+ 78 %) de recettes avec l’envolée actuelle du barilBrazzaville projette une forte hausse de ses recettes pétrolières consécutive au maintien des cours mondiaux à un niveau élevé. Une prévision qui relance la question de la gestion des excédents et de l'approvisionnement en produits pétroliers finis.il y a 4 joursdbb43ef9744c46c09e14ae88e708fbfdMines et énergiesÉlectricité : Malabo négocie un investissement chinois de 150 millions USD dans le solaireDépendante du gaz naturel pour plus des deux tiers de son mix électrique, la Guinée équatoriale veut ajouter une nouvelle corde à son arc. il y a 4 joursEpremiumRailway_construction_machinery_a141079e-DkiwtjKFMines et énergiesMinerai de fer: un projet ferroviaire de 3 600 milliards FCFA annoncé entre la RCA et KribiLa Centrafrique pourrait disposer d’un nouvel accès à l’Atlantique à travers le Cameroun via un projet financé par Eximbank Inde.il y a 5 jours39520869Mines et énergiesGabon : l’État octroie le monopole de l’exploitation de l’or à petite échelle à l’opérateur public SEMEn décidant le 7 septembre dernier d'accorder l'exclusivité de la relance aurifère à la Société équatoriale des mines, l'État gabonais a mis un terme à près de trois mois de suspension totale d'une exploitation de l'or frappée de plein fouet par les scandales d'illégalité.il y a 5 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1CCA-Bank obtient le feu vert de Brazzaville pour s’implanter au Congoil y a 1 jour2Cameroun : le Cabinet Atou met aux enchères l’immeuble litigieux de Djeuga Palace à Doualail y a 6 jours3Minerai de fer: un projet ferroviaire de 3 600 milliards FCFA annoncé entre la RCA et Kribiil y a 5 jours4Cameroun : le pakistanais Sunrise Food veut implanter un complexe agroalimentaire à Doualail y a 1 jour5Énergie, routes, investissements… : au Cameroun, le patronat dresse un bilan préoccupant de l’économieil y a 4 jours6Le Cameroun exporte pour 29 milliards FCFA de pétrole brut vers le Nigeria en 3 moisil y a 1 semaine7La BVMAC se maintient dans le rouge avec une perte de 454 millions FCFA en 2025il y a 1 semaine8La Centrafrique sollicite les banques pour racheter 10 milliards FCFA de dette sur le marché des titres publicsil y a 5 jours9Bamboo Microfinance séduit les investisseurs de Douala avec son emprunt obligataire de 5 milliards FCFAil y a 4 jours10RD Congo : les débuts de Tradex contrariés par la démolition d’une station à Kinshasail y a 6 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.