En République centrafricaine, les autorités ont ordonné des enquêtes approfondies sur l’exploitant minier chinois Daqing Sarl. Entre autres griefs soulevés contre l’entreprise qui exploite artisanalement de l’or et du diamant dans le sud du pays, plus précisément dans la localité de Mingala, collusion avec le groupe armé dénommé Coalition des patriotes pour le changement (CPC) qui a à sa tête l’ancien président François Bozizé, actuellement visé par un mandat d’arrêt international délivré en mars dernier par la Cour pénale spéciale de la République centrafricaine. Le 05 juin dernier, le ministre de l’Energie l’Energie et de l’hydraulique, Arthur Bertrand Piri, a ouvertement mis en cause la société chinoise, l’accusant d' « intelligence avec les groupes armés, d'exploitation illégale, d'introduction illégale de sujets étrangers dans les zones minières, de non-paiement des taxes et d'absence de rapports d'activité ».
Comme mesure conservatoire dans la foulée de ces déclarations, le ministre a annoncé la suspension des permis d’exploitation de Daqing Sarl et l’expulsion de 5 membres de son personnel. Ce n’est pas la première fois que les autorités centrafricaines se mettent sur une ligne de crête avec une entreprise en activité en RCA pour des soupçons de financement de milices armées. En 2021, la Sucrerie africaine de Centrafrique (Suca), filiale de la Société d'organisation, de management et de développement des industries alimentaires et agricoles (Somdiaa), détenue à 87% par le géant français de la viticulture Castel, a été mise à l’index par des ONG pour les mêmes raisons. En échange de la sécurisation de son usine dans le pays et de ses champs de canne à sucre, la Sucaf aurait mis en place un « système sophistiqué et informel pour financer les milices armées par des paiements directs et indirects en espèces, ainsi que par un soutien en nature sous forme d'entretien des véhicules et de fourniture de carburant », avait soutenu l’ONG The Sentry, créée par le cinéaste américain George Clooney.
En 2022, le Parquet antiterroriste avait annoncé l’ouverture d’une enquête en France pour faire la lumière sur ce dossier sulfureux. L’affaire reste pendante devant cette juridiction spéciale. Les soupçons de financement des milices, notamment par des entreprises minières, sont d’ailleurs à l’origine de l’embargo sur les diamants centrafricains, décidée depuis plusieurs années par le Processus de Kimberley et l’Union européenne. Dans l’espoir d’obtenir une levée totale de ces sanctions qui privent le trésor public d’importantes ressources, les autorités centrafricaines s’apprêtent à rendre un public un nouveau Code minier qui a vocation à instaurer la transparence dans le secteur extractif et favoriser l’industrialisation du secteur minier.



