Une mission d’évaluation de la banque a séjourné en début de semaine dans ces deux régions à l’effet de peaufiner les derniers réglages. Selon le responsable Afrique centrale des opérations du secteur privé Mohamadou Hayatou, le projet va passer en conseil d’administration au mois de novembre prochain afin d'approuver le déblocage des fonds qui, de l’avis du responsable de la BAD, n’est qu’ « une formalité ».
Usuellement, les appels d’offres et les passations de marchés sont lancés après l’approbation du conseil. Sauf que pour ce projet, les responsables au sein de l’institution ont procédé par « acquisition anticipée ». C’est-à-dire qu’avant que le projet ne passe en conseil, la banque va dans les prochains mois initier les procédures de passation de marché de tel en sorte qu’une fois le projet approuvé, la procédure soit considérablement avancée et les prestataires déjà sélectionnés. Selon les confidences des responsables, le marché ne se passera plus de gré à gré comme annoncé mais par appel d’offres. Lequel seront divisés en lots de 5 de 50KM. « Le ministre des Travaux publics qui coordonne le projet nous a instruit de passer le marché en cinq lots pour qu’on ait différente entreprise qui travaillent sur cette route de manière à aller vite ». L’objectif de la BAD est le démarrage des travaux au premier trimestre 2025. « Nous avons pris toutes les dispositions pour minimiser les délais d’exécution ».
Le choix du gouvernement
Dans le cadre du financement de ce projet stratégique du Corridor Douala-Ndjamena sur lequel transitent environ 350 milliards de FCFA de marchandises tchadiennes chaque année, l’AFD et le Fonds saoudien pour le développement (FSD), en octobre 2023, avaient manifestés leur volonté d'accompagner le gouvernement. Le choix de Yaoundé se portera plus tard sur la BAD. « Nous avons effectivement attendu à une certaine époque que le Fond Saoudien et même l’AFD semblaient être intéressés par ce projet. Mais rien n’avait été fait depuis lors. Comme cela restait à faire et qu’on a un programme pour les infrastructures au Cameroun. Le gouvernement nous a donc sollicités pour le financer. Comme cela rentrait dans notre stratégie pays nous avons donc entamé le processus ».
Au sujet du Portugais Mota Engil qui s’était vu attribuer le marché, le responsable de la BAD relève que « comme tous les projets de la banque, le marché se passera en appel d’offres international et tous ceux qui sont qualifiés pourront soumissionner. Si Mota Engil veut soumissionner libre à eux. C’est un appel d'offres standard », a martelé le responsable. Toutefois, un accent sera mis sur la préférence nationale, au prorata du dispositif prévu par le partenaire et des ambitions de l’État.
Un projet stratégique
Le projet est présenté par les autorités comme une initiative de développement inclusif, avec pour but non seulement d’assurer la réhabilitation de cette route mais aussi, de multiplier les actions en faveur du développement des deux régions. Le projet est configuré en trois composantes : la reconstruction de la route Ngaoundéré-Garoua et les activités connexes dont l’aménagement de 15 km de voiries urbaines dans les villes et localités de Ngaoundéré, Mbé, Gamba, Gouna et Ngong, le renforcement des performances opérationnelles des acteurs du sous-secteur routiers et l’appui au secteur privé compétitif dans les deux régions impactées par le projet à fin d’attirer les investissement. Mais aussi la réhabilitation des routes de désenclavement des bassins agricoles. Une fois réalisé, l'impact de ce projet « sera radical », relève le responsable de la BAD.








