Lors de la 2e édition de la Finance Week, La Régionale Bank s'est positionnée comme un acteur économique engagé et en pleine croissance. Son Administrateur directeur général, Charles Rollin Ombang Ekath, a animé un panel sur les défis liés à la mobilisation des ressources financières en zone Cemac. D’après ce dernier, ce thème est étroitement lié à trois principales difficultés : un contexte macroéconomique peu favorable, un système financier peu adapté aux besoins des entreprises et une fiscalité peu incitative. À cette occasion, La Régionale Bank a présenté plusieurs propositions pour améliorer la situation, notamment une refonte du système de crédit bancaire au Cameroun.
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Selon Charles Rollin Ombang Ekath, le système bancaire camerounais est confronté à plusieurs défis qui freinent l'inclusion financière et la croissance économique. Il souligne notamment le manque de transparence, lié à l'absence d'obligation pour les banques d'être cotées en bourse. Cette opacité réduit la confiance des investisseurs. « Nous devons tendre vers une inclusion capitalistique où ceux qui collectent l'épargne ouvrent leur capital aux investisseurs et où les clients peuvent devenir des actionnaires. » Fondant son analyse sur l'expérience de la Régionale Bank, cotée à la BVMAC depuis juillet 2021, il souligne que « nous avons 2500 actionnaires qui sont également nos clients. »
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L'homme d'affaires a également mis en avant les difficultés d'accès au crédit. Les taux d'intérêt élevés et les procédures complexes rendent le crédit inaccessible pour une large partie de la population, en particulier les PME. Par ailleurs, l'instabilité macroéconomique, caractérisée par une inflation élevée, une incertitude politique et de faibles revenus des ménages, décourage l'épargne et favorise les placements non financiers. De plus, le manque d'éducation financière limite l'utilisation des services bancaires, car la population ne maîtrise pas toujours les produits et les mécanismes financiers. Ces facteurs combinés contribuent à exclure une grande partie de la population du système bancaire formel. « Les acteurs préfèrent davantage épargner autrement en s’engageant à des actifs non financiers tel que l’épargne foncière, céréalières, pastorale. Il y a aussi le niveau de revenus des populations, le taux de croissance des revenus bas, la sous production, le gaspillage, manque de culture financière », dit-il.
Des solutions concrètes
Pour remédier à ces problèmes, l'ADG de La Régionale Bank propose plusieurs pistes. Il plaide notamment pour une libéralisation du système de crédit, en fixant un taux d'intérêt plancher plutôt qu'un taux plafond. Selon lui, cette mesure stimulerait la concurrence entre les banques et favoriserait une baisse des taux pour les emprunteurs. « Au lieu de plafonner les taux de crédit, on renverse le système on met le taux minimum de prêt, c’est-à dire on fixe le planché à partir duquel aucune banque ne doit descendre pour prêter aux autres. », affirme Charles Rollin Ombang Ekath.
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Il souligne également l'importance de développer l'inclusion capitalistique en encourageant les banques à ouvrir leur capital aux investisseurs, ce qui améliorerait la transparence et renforcerait la confiance. Enfin, il insiste sur la nécessité de promouvoir l'éducation financière pour sensibiliser la population aux enjeux de l'épargne et de l'investissement. Rappelons que l'année 2023 a été marquée par une baisse des bénéfices pour La Régionale Bank. L'établissement a enregistré un bénéfice net de 814 millions de Fcfa, en recul de 32% par rapport à l'année précédente, principalement en raison de la hausse des charges d'exploitation et de la concurrence accrue sur le marché. Malgré ce recul, La Régionale Bank a vu son total bilan augmenter de 14% pour atteindre 45,6 milliards de Fcfa, témoignant d'une croissance solide de ses activités. Par ailleurs, l'encours de crédit a progressé de 18% et celui des dépôts de 21%, signe d'une confiance accrue de la clientèle. La banque prévoit de poursuivre sa stratégie de développement en se concentrant sur les crédits à l'agriculture et aux PME.










