Standard Chartered a annoncé la semaine dernière la nomination de Dalu Ajene comme CEO de ses activités en Afrique. Le groupe britannique mise sur un profil éprouvé, à la croisée de la banque d’investissement et du pilotage opérationnel. À la tête d’un périmètre couvrant plusieurs des principales économies du continent, le Nigérian arrive avec la réputation d’un dirigeant méthodique, orienté résultats, et habitué aux environnements sous tension. Dalu Ajene est diplômé en économie de Dartmouth College aux États-Unis (2000), avant d’obtenir un MBA à Harvard Business School (2006).
Cette formation d’excellence lui ouvre les portes des grandes banques internationales, où il construit l’essentiel de sa carrière. Credit Suisse, BNP Paribas, Bank of America et Bear Stearns figurent parmi les institutions au sein desquelles il affine son expertise en finance d’entreprise, marchés de capitaux et structuration de transactions. Dalu Ajene hérite d’un périmètre vaste et varié, dans un contexte où l’institution revoit son empreinte géographique pour concentrer ses ressources sur les marchés à plus fort potentiel.
Lire aussi: Standard Chartered Bank : aux côtés du secteur productif
Dans les grandes banques mondiales au sein desquelles il a construit sa carrière, il a acquis une solide expertise en finance d’entreprise, marchés de capitaux et gestion des risques. Une expérience internationale qui lui donne une capacité rare à naviguer entre les attentes des investisseurs globaux et les réalités locales des économies africaines. Avant sa nouvelle promotion, il dirigeait Standard Chartered Nigeria. Sous sa gouvernance, cette filiale a réussi à se conformer aux exigences de recapitalisation imposées par la Banque centrale, tout en maintenant sa dynamique commerciale dans un environnement macroéconomique tendu ; un signe précoce de son aptitude à gérer des situations complexes. Entre autres défis immédiats qui l’attendent, Dalu Ajene doit, d’un côté, intensifier la croissance des activités là où le groupe conserve une forte présence. De l’autre, il doit gérer les conséquences du désengagement de Standard Chartered dans plusieurs pays africains.
En effet, depuis 2022, Standard Chartered a entamé un processus de retrait de sept marchés africains et du Moyen-Orient, notamment l’Angola, le Cameroun, la Gambie, la Sierra Leone et le Zimbabwe, ainsi que des opérations de banque de détail en Côte d’Ivoire et en Tanzanie. Des cessions qui s’inscrivent dans une stratégie globale de simplification et de concentration sur des marchés jugés plus rentables ou à fort potentiel.
Lire aussi: Standard Chartered Bank : Une année sous le signe de la transition (classement des banques)
La finalisation récente du transfert des opérations camerounaises à Access Bank Cameroon illustre ce mouvement : la filiale locale a officiellement changé de mains en décembre 2025, marquant l’achèvement d’une étape importante du désengagement. Ce contexte impose à ce banquier expérimenté de redéfinir non seulement les priorités commerciales du groupe, mais aussi la manière dont Standard Chartered façonne sa présence africaine. Son rôle dépasse désormais la simple gestion d’un réseau de succursales : il s’agit de consolider les positions dans les économies clés comme le Nigeria, le Kenya ou la Côte d’Ivoire, tout en développant des offres compétitives en financement du commerce, banque d’entreprise, gestion de trésorerie et services institutionnels.
Son style de management, perçu comme rigoureux et centré sur l’exécution opérationnelle, devra aussi s’adapter à ce nouveau contexte continental où les banques panafricaines et les fintech challengers gagnent du terrain. Dalu Ajene arrive donc à un moment stratégique, où Standard Chartered doit démontrer que son recentrage géographique ne se traduit pas par un recul, mais par une réallocation des forces vers des segments à plus forte valeur ajoutée. Pour la banque, il ne s’agit pas seulement de rester présent sur le continent, mais de créer une plateforme qui génère des rendements supérieurs tout en restant un partenaire de choix pour les entreprises, les gouvernements et les investisseurs internationaux.








