Oriole Resources, entreprise minière australienne active dans les régions du Centre et de l'Adamaoua (licences Bibemi et Mbe), a annoncé une levée de fonds via l'émission de 166,7 millions d'actions à raison de 0,33 pence, échelonnée sur quatre tranches jusqu'en 2027. Cette opération vise à financer le développement de ses projets aurifères au Cameroun. La première tranche, prévue en novembre 2024, comprend l'émission de 64,7 millions d'options. Les trois tranches suivantes, d'un montant de 34 millions d'options chacune, seront réalisées en 2025, 2026 et 2027. Au total, l'entreprise aura mené près d’une dizaine d’opérations de levée de fonds sur cinq ans pour soutenir ses activités au Cameroun.
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D’après la compagnie, cette annonce intervient dans le cadre d'une restructuration plus large des actifs d'Oriole Resources au Cameroun. L'entreprise a récemment obtenu l'autorisation du ministère des Mines pour transférer le permis d'exploitation de Bibemi à sa filiale OrrCam2 et celui de Mbe à son véhicule d'investissement principal. Par ailleurs, Oriole a racheté les participations minoritaires de BEIG3 dans Bibemi pour 39 000 dollars et de Roxane Minerals dans Mbe pour 100 000 dollars, portant ainsi sa participation dans ces deux licences à 90%. Ces opérations visent à simplifier la structure d'Oriole et à concentrer ses efforts sur le développement de ces deux projets aurifères prometteurs dans le pays.
Des soupçons d’opérations financières spéculatives
Cependant, les récentes opérations de restructuration d'Oriole Resources, largement médiatisées sur les marchés financiers, suscitent des inquiétudes parmi les experts du secteur minier. Ces derniers soupçonnent l'entreprise de multiplier les opérations financières spéculatives, telles que les émissions d'actions et les options, afin de lever des fonds sans investir significativement dans l'exploration et l'exploitation des gisements camerounais.
Selon Dr Bareja Youmssi, expert en mines et pétrole, Enseignant-Chercheur camerounais qui s'interroge sur les critères d'attribution des titres miniers, « au Cameroun, de nombreux titres miniers sont attribués à des entreprises qui privilégient la spéculation boursière plutôt que l'investissement sur le terrain. Oriole Resources semble suivre cette tendance, en contradiction avec les exigences du code minier qui stipule qu'une société doit disposer de capacités techniques et financières avérées pour obtenir un titre minier. ». Un critère qui semble échapper à cette entreprise minière au regard des multiples opérations boursières. Ce qui mettrait en péril la crédibilité de l'entreprise et la confiance des investisseurs, tout en retardant le développement du secteur minier local.

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L'expert met en garde contre les risques liés à cette approche. Il souligne que la vente de 40% du projet à BCM International pour un montant dérisoire de 4 millions de dollars pourrait être le signe d'une volonté d'Oriole Resources de se désengager progressivement du projet, en cédant progressivement ses parts à d'autres acteurs. « Le risque direct est que ce projet prendra du temps pour être développer car ce qui va se passer très bientôt est que Oriole Resource va finir par vendre tous ses parts dans le projet pour ainsi « farm out » complètement du projet. Oriole Resources vient de vendre 40% du projet à BCM international qui détient déjà 10% du projet pour un montant de 4 millions de dollars (à peine 2,2 milliards de FCFA qui est équivalent de 42kg d’or. Ce montant est dérisoire et scandaleux ; démontre que nous avons à faire a des voyous et spéculateurs venus se faire de l’argent sur des titres miniers au Cameroun et n’ont jamais eu d’intention de développer des projets au Cameroun. Sur leur sites internet ils déclarent des résultats très positif sur des zones minéralisées avec des teneurs en Or qui vont de 0,4g/t à 2g/t et ressources estimées à plusieurs milliers de tonnes mais vendent 40% du projet a un montant qui fait à peine la valeur de 42kg d’Or qui en temps normal représente juste une production de 2 semaines maximum de cette mine si elle était mise en exploitation… est ce que c’est sérieux ça ? », renchérit-il.
Un manque de compétences spécifiques ?
En outre, Dr Bareja Youmssi s'inquiète de la notoriété relativement faible d'Oriole Resources, une entreprise apparemment enregistrée dans un paradis fiscal au Cameroun. Le fait qu'Oriole n'ait d'expérience significative que dans deux pays, le Cameroun et le Sénégal, soulève des questions quant à sa capacité à mener à bien un projet minier d'envergure. L'absence de références solides dans d'autres régions du monde laisse craindre un manque de compétences spécifiques et une potentielle sous-estimation des risques techniques et environnementaux. Selon lui, cette situation est révélatrice de certaines lacunes dans la réglementation du secteur minier camerounais, qui ne semble pas suffisamment exigeante en matière de sélection des opérateurs.
« Nous formons des ingénieurs en géologie et mines, mais nous ne parvenons pas à créer un environnement propice à leur emploi. Il est inacceptable que des étrangers, parfois agissant pour le compte d'intérêts locaux, viennent s'enrichir sur notre sol sans apporter de valeur ajoutée significative au pays. Nous avons besoin d'un nouveau cadre juridique plus rigoureux pour réguler le secteur minier, protéger nos ressources naturelles et favoriser un développement durable. », renchérit-il.
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Il faut tout de même noter que sur le terrain, Oriole multiplie ces derniers temps les actions pour faire avancer ses explorations. L'entreprise a récemment annoncé un premier programme de forage sur le site de Mbe pour le semestre 2024/2025, le premier du genre depuis qu’elle lorgne ce site depuis 2019. Pour mener à bien ce programme, Oriole a fait l'acquisition d'un nouvel engin de forage la semaine dernière fourni par BCM Group. Cet équipement, en cours de vérification, sera utilisé pour les premières opérations de forage. Parallèlement, l'entreprise a renforcé ses engagements sociaux et environnementaux en soutenant des projets éducatifs locaux, en mettant en place des mesures de protection de l'environnement, etc.








