Au Cameroun, le service de la dette cumulé a atteint 321,9 milliards de Fcfa au premier trimestre 2025, dont 94,3 % consacrée à la dette extérieure et seulement 5,7 % pour la dette intérieure, selon les données de la note de conjoncture de la Caisse autonome d'amortissement (CAA), le gestionnaire de la dette publique du pays. Le Cameroun a donc accordé la plus grande part au remboursement de la dette vis-à-vis des créanciers internationaux. Cependant, l’on note que la part de la dette extérieure a franchi pour la première fois depuis 2022 la barre des 90 %, tandis que la dette intérieure a représenté pour la première fois depuis 4 ans moins de 10 % de l'enveloppe globale dédiée à l'apurement partiel de la dette au cours des trois premiers mois de l’année.
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À l’occasion de la troisième édition du Forum des échanges entre le gouvernement et les organisations de la société civile exerçant dans les finances publiques le 21 mai dernier à Yaoundé, le ministre camerounais des Finances (Minfi) Louis Paul Motaze, qui a été interpellé sur la situation, l’a justifiée par le souci pour l’Etat de crédibiliser sa signature à l’échelle internationale. « Le problème de la dette extérieure, c’est que si vous avez un seul retard, ce serait dangereux parce que la note souveraine de notre pays sera abaissée par les agences. Et si votre note souveraine est baissée et qu'on commence à considérer que vous êtes un mauvais payeur, plus personne ne vous prête de l'argent. Et ceux qui vous prêtent de l’argent le font à des conditions extrêmement élevées. C’est pour cela que nous avons fait un effort considérable de faire en sorte que nous n’ayons, aucun retard sur la dette extérieure », a-t-il soutenu.
A croire le Minfi, le Cameroun a entamé le mois de janvier 2025 avec un paiement d’environ 225 milliards de Fcfa sur sa dette extérieure. « C’est ça qui peut donner l’impression qu’on a plus ou moins sacrifié la dette intérieure mais, c’est faux. Ce n’est pas de notre volonté », a martelé le ministre des Finances.
En effet, 303,7 milliards de Fcfa ont été payés sur la dette extérieure au 31 mars 2025, contre 267,6 milliards de Fcfa à la même période en 2024. Cependant, seulement 18,2 milliards de Fcfa ont été apurés sur la dette intérieure, comparés à 50,3 milliards de Fcfa à fin mars 2024. Ce déséquilibre dans le service de la dette a probablement contribué à l'accumulation des arriérés. Selon la CAA, les restes à payer se sont élevés à 853,7 milliards de Fcfa à fin mars 2025, soit une hausse de 37,4 % en glissement annuel. À ce propos, Louis Paul Motaze, estime que le paiement de la dette intérieure demeure indispensable pour deux raisons. La première est une obligation morale envers les prestataires de services. Aussi, le paiement de la dette envers les créanciers locaux a un impact positif sur l'économie. À ce titre, « si nous voulons que les gens continuent d'avoir confiance dans la signature de l'État, il faut respecter nos obligations ».










