L’examen des états financiers 2024 de la Sonara (compte de résultat, bilan et flux de trésorerie) met en évidence une aggravation de la perte nette, qui passe de 39,87 milliards FCFA en 2023 à 41,97 milliards en 2024. En charge de la gestion de l’unique raffinerie de pétrole du pays, la Sonara a été frappé en mai 2019 par un incendie de la destruction de ses unités de production. Depuis lors, son activité est réduite à l’importation du carburant. Selon les données de l’entreprise, le chiffre d’affaires a pourtant été multiplié par 4 à 138 milliards FCFA tiré par une hausse des subventions d’exploitation (80,8 milliards) ; des ventes de marchandises (21,1 milliards FCFA contre 12,7 milliards en 2023), des travaux et services rendus (5,4 milliards contre 3,9 milliards) et des produits accessoires (près de 30 milliards, plus du double de 2023). Mais cette embellie a été absorbée par des charges toujours lourdes : achats de marchandises (145,6 milliards FCFA), impôts et taxes (71,3 milliards FCFA) et surtout charges financières de 26,2 milliards FCFA, reflet d’un endettement persistant.
L’endettement reste l’un des principaux fardeaux pour la Sonara. Les emprunts et dettes financièresculminent à 416,7 milliards FCFA en 2024, contre 356,5 milliards un an plus tôt. Soutenu par l’État, le service de la dette absorbe des ressources considérables : 47,5 milliards FCFA ont été consacrés en 2024 au remboursement, contre 40,5 milliards l’année précédente. Ce poids financier croissant empêche la Sonara d’envisager un redressement rapide et grève sa capacité d’investissement dans des outils de production plus compétitifs.
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L’entreprise a poursuivi une politique pluriannuelle de provisionnement des créances à forte antériorité, dont l’impact est évalué à 500 millions FCFA sur l’exercice. Bien que salutaire pour assainir les comptes, cette démarche contribue à la stagnation, voire à l’aggravation du résultat net.
Pour redresser la pente, le conseil d’administration a adopté, le 13 août 2025, le plan PARRAS 24, destiné à relancer progressivement le raffinage dans un délai de deux ans. La première étape prévoit la réhabilitation de 4 unités sur les 13 endommagées par l’incendie de 2019, pour porter la capacité annuelle à 3,5 millions de tonnes dès décembre 2027, contre 2,1 millions avant l’incident (+66 %). Par la suite, l’entreprise compte reprendre son programme d’extension lancé en 2010, avec l’installation d’un hydrocraqueur afin de traiter davantage de brut local. Une troisième phase devrait enfin porter la capacité totale à 7 millions de tonnes par an grâce à un second train de distillation et un nouvel hydrocraqueur.
Rappelons que depuis l’arrêt de la raffinerie en 2019, l’État camerounais a instauré en mars 2020 une ligne spéciale de 47,88 Fcfa par litre sur les prix des produits pétroliers à la pompe, destinée à financer la reconstruction de la raffinerie nationale.
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