Standard Chartered prévoit de supprimer près de 8 000 postes dans ses fonctions support au cours des quatre prochaines années, dans le cadre d’une stratégie de transformation axée sur l’intelligence artificielle, a rapporté Bloomberg. La banque basée à Londres entend réduire de plus de 15 % ses effectifs administratifs d’ici 2030, en déployant des applications d’IA pour automatiser ses processus et améliorer sa productivité. « Il ne s'agit pas de réduire les coûts ; il s'agit de remplacer, dans certains cas, un capital humain de moindre valeur par du capital d'investissement », a déclaré son directeur général, Bill Winters, lors d’une conférence de presse à Hong Kong.
Selon la banque, ces suppressions de postes devraient permettre d’augmenter le revenu par employé d’environ 20 % d’ici 2028, tout en améliorant sa rentabilité. Standard Chartered vise notamment un rendement des capitaux propres tangibles supérieur à 15 % à cet horizon, puis autour de 18 % en 2030.
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Cette annonce intervient alors que la banque accélère parallèlement sa transformation en Afrique, où elle réduit progressivement sa présence dans la banque de détail au profit d’activités à plus forte valeur ajoutée. Standard Chartered a ainsi cédé ses activités retail dans une dizaine de pays depuis 2022, dont le Cameroun, l’Angola ou encore la Tanzanie, tout en maintenant ses opérations dans le financement des entreprises, les flux commerciaux et les marchés de capitaux.
Sur le continent, la banque privilégie désormais le financement souverain, les grandes opérations d’entreprises et les chaînes d’approvisionnement, souvent en partenariat avec des institutions multilatérales. Cette réorientation s’accompagne d’une rationalisation de son réseau physique, à l’image du Kenya où le nombre d’agences a été quasiment divisé par deux en une décennie.
Au-delà de l’Afrique, Standard Chartered s’inscrit dans une tendance plus large du secteur bancaire mondial, où plusieurs grandes institutions, dont HSBC et Goldman Sachs, intensifient leurs investissements dans l’automatisation. Toutefois, certains observateurs cités par Bloomberg mettent en garde contre un possible « AI washing », estimant que l’impact réel de l’intelligence artificielle sur l’emploi reste encore limité.
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