Dangote Sugar Refinery Plc, filiale de Dangote Industries Limited, s'apprête à lever 485 milliards de nairas (environ 354 millions de dollars) sur la Bourse du Nigeria (NGX). Selon l'avis publié sur la place boursière, la période de souscription et de négociation, officiellement lancée le 25 mai, s'achèvera le 24 juin 2026. Le géant du raffinage, distribution et de la commercialisation du sucre, propose à ses actionnaires 8,09 milliards de nouvelles actions ordinaires au prix de 60 nairas l'unité.
Cette opération d’augmentation de capital s'adresse en priorité aux actionnaires enregistrés au 20 avril 2026, sur la base de « deux nouvelles actions ordinaires pour chaque trois actions ordinaires existantes détenues ». Considérée comme l’une des plus importantes de l’histoire de la bourse nigériane, l’opération est arrangée par Meristem Stockbrokers, Stanbic IBTC Stockbrokers et Vetiva Securities.
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Lors de l’annonce de l’opération le 21 avril dernier, le magnat nigérian de l’agro-industrie Aliko Dangote, fondateur du groupe, a indiqué que les ressources mobilisées seraient destinées à renforcer les fonds propres de la société et à réduire son endettement. L'objectif est de financer ses investissements, notamment son plan d’expansion agricole et de transformation locale du sucre au Nigeria. Si les investisseurs souscrivent intégralement, cette levée de fonds pourrait réduire la dette totale de l'entreprise de plus de 70 %. Un enjeu crucial puisqu'à la fin mars 2026, Dangote Sugar affichait une dette lourde d’environ 628 milliards de nairas pour seulement 148 milliards de capitaux propres, générant des charges financières annuelles de près de 120 milliards de nairas.
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Par ailleurs, les fonds levés financeront le programme « Sugar for Nigeria », qui vise à porter la production domestique à 1,5 million de tonnes métriques par an. Ce projet s’inscrit dans le Plan d’intégration rétrograde du groupe, dont le but est de produire suffisamment de canne à sucre localement pour réduire la dépendance aux importations de sucre brut et limiter l’exposition au risque de change. Si le Nigéria possède plus de 800 000 hectares propices à cette culture, à peine 16 % sont actuellement exploités. Une sous-utilisation notoire alors que les importations nationales de sucre ont atteint environ 915 milliards de nairas (667 millions USD) en 2024.
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Pour inverser la tendance, Aliko Dangote prévoyait, lors de la présentation de son plan stratégique, de porter la capacité de broyage de l’usine de 9 800 tonnes par jour fin 2025 à 15 000 tonnes supplémentaires, tout en visant l’exploitation de 24 200 hectares d’ici 2029. Cette transition vers la production locale est d'autant plus urgente que les résultats financiers de 2025 illustrent la vulnérabilité de l’entreprise. En effet, malgré un chiffre d'affaires en hausse de 24,56 % à 511 millions de dollars, son bénéfice a été plafonné à 75,6 millions de dollars. En cause, la flambée du coût des ventes (435 millions de dollars, dont 353 millions pour les matières premières), l'entreprise réalisant la quasi-totalité de ses revenus en nairas alors que ses coûts de production dépendent fortement du dollar pour l'achat de sucre brut importé.
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