Au mois de février 2024, le gouvernement tchadien a fait carton plein pour ses émissions d’Obligations du trésor assimilables (OTA) sur le marché des titres publics de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac). En effet, révèle le rapport de la Cellule de règlement et de conservation des titres (Crct) de la banque centrale, le Tchad affiche ce mois-là un taux de souscription de 100% sur cette catégorie de valeurs, alors que la moyenne générale du marché se situe à 86,2%. Grâce à ce score, le pays de Toumaï se positionne devant le Congo (39,92%), le Gabon (99,74%) et le Cameroun (54%), qui sont pourtant les trois principaux animateurs du marché.
En d’autres termes, au cours de la période analysée, alors que la République du Tchad recevait des investisseurs du marché des titres de la Beac la totalité de l’enveloppe sollicitée au cours de ses émissions des OTA, ces mêmes investisseurs ne consentaient à fournir au Congo que près de 40% de l’enveloppe recherchée. Le Cameroun, lui, s’en tirait avec un peu plus de la moitié de la somme recherchée sur le marché. Le même phénomène a été observé sur le marché au mois de mars 2024, selon le rapport de la Crct de la Beac.
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En effet, ce mois-là, alors que le taux de souscription moyen du marché des OTA a dégringolé à un peu moins de 60%, en baisse de plus de 26% par rapport au mois précédent, le Trésor tchadien s’est à nouveau distingué par rapport aux autres pays de la Cemac. N'Djamena affiche ce mois-là un taux de souscription à ses OTA de 91,56%. Ce qui correspond au double de la performance réalisée sur les mêmes titres par le Congo, et plus de trois fois le taux de souscription de 26,4% réalisé par le Cameroun sur la même catégorie de valeurs du trésor.
C’est que, bien qu’il soit plus porté vers des émissions des titres publics de court terme que sont les bons du trésor assimilables (BTA), le Tchad n’hésite pas souvent à casser la tirelire lors de ses émissions d’OTA, en proposant aux investisseurs des taux d’intérêts hyper-compétitifs. Selon les chiffres de la Beac, au mois de mars 2024, par exemple, le Tchad a rémunéré les investissements sur ses OTA à 9,65% de taux d’intérêts, alors que le coût moyen du marché ressort à seulement 8,06%. Seul la République centrafricaine a fait mieux, avec un taux d’intérêts de 10,41% servis aux investisseurs sur ses émissions d’OTA.
La stratégie des taux d’intérêts bonifiés mise en œuvre par le Tchad sur le marché des titres de la Beac, pour attirer les investisseurs, épouse le contexte ambiant sur le marché sous-régional des capitaux. Celui-ci est en effet marqué par le durcissement de l’accès aux financements, à travers la politique monétaire d’austérité imposée par la banque centrale pour combattre l’inflation. Dans un tel contexte, les détenteurs des capitaux ne comprennent généralement qu’un seul langage : celui d’une rémunération conséquente de leurs placements.








