Fitch Ratings a abaissé, le 24 avril, la note de défaut émetteur à long terme de MoneyGram International de « B » à « B- », avec une perspective stable, traduisant une détérioration du profil de crédit de l’opérateur américain de transferts d’argent. L’agence a également revu à « B » la notation de ses principaux instruments de dette, tout en maintenant une note de recouvrement « RR3 ». Cette décision intervient dans un contexte de « performances financières décevantes » et de pressions persistantes sur les revenus, note l’agence.
Selon les données communiquées par Fitch, MoneyGram a enregistré une baisse de 11% de son chiffre d’affaires en 2025, affecté notamment par des restrictions sur certains corridors de transfert et par un recul des revenus d’intérêts. L’agence de notation souligne par ailleurs que près de 55% des revenus restent dépendants du réseau physique d’agences, un modèle fragilisé par la migration des clients vers les solutions digitales proposées par « ses concurrents fintech plus diversifiés et mieux notés ». Malgré le développement de son offre en ligne, la rentabilité demeure contrainte, dans un environnement où les commissions sont sous pression et où la croissance des volumes reste limitée.
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L’agence met également en avant un niveau d’endettement élevé, avec un ratio qui devrait se situer autour de 5,5 fois l’EBITDA (résultat avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements, Ndlr.) à l’horizon 2027. Si la liquidité apparaît maîtrisée à court terme, soutenue par une trésorerie de 174 millions de dollars et une ligne de crédit renouvelable non tirée de 150 millions de dollars à fin 2025, la structure d’endettement demeure significative. Celle-ci repose notamment sur 391 millions de dollars de prêts à terme et 495 millions de dollars d’obligations senior garanties arrivant à échéance en 2030, auxquels s’ajoute une dette de holding de 109 millions de dollars remboursable avant 2028. Fitch souligne l’absence d’échéances majeures à court terme, mais la trajectoire reste incertaine. « Une légère baisse des revenus est attendue en 2026 », projette Fitch.
Cette analyse intervient alors que l’entreprise fait face à des perturbations opérationnelles dans certaines zones, notamment en Afrique centrale. Depuis septembre 2025, MoneyGram a interrompu les transferts d’argent intra-CEMAC, affectant les flux entre le Cameroun, le Congo, la Centrafrique, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad. En cause, des contraintes réglementaires liées aux règles de compensation imposées par la BEAC, qui interdisent le règlement en devises étrangères (USD, Euro, etc.)pour les transactions en francs CFA au sein de la zone. Un cadre qui complique le fonctionnement des opérateurs internationaux de transfert d’argent, habitués à des mécanismes de compensation en devises.



