La compagnie nationale gabonaise FlyGabon accélère son repositionnement sur le marché africain du transport aérien avec un projet d’expansion vers l’Europe, fondé sur une flotte de monocouloirs de nouvelle génération. Avec Londres (Grande Bretagne) et Paris (France) comme principales destinations ciblées, le transporteur détenu par à hauteur de 56% par l’Etat gabonais à travers la holding publique Fly Air Gabon Holding (FLAGH) négocie l’acquisition ou la location de trois appareils auprès du constructeur américain Boeing. Notamment des B737 NG et B737 MAX.
Lire aussi : Afrijet FlyGabon muscle sa flotte avec deux nouveaux avions et vise 90 % du trafic aérien intérieur
Pour la compagnie encore en phase de montée en puissance, l’enjeu dépasse l’ouverture de nouvelles routes : il s’agit de construire un modèle capable de relier l’Afrique centrale aux grands hubs européens tout en limitant l’exposition financière liée à l’acquisition d’avions long-courriers traditionnels. Ainsi, le choix de ces appareils apparaît déterminant dans cette stratégie. Entre Libreville et Paris, la distance orthodromique atteint environ 5 450 kilomètres, contre près de 5 750 kilomètres vers Londres, soit un rayon d’action proche des limites opérationnelles des monocouloirs classiques. Dans ce contexte, le Boeing 737NG, notamment la version 737-800, présente une autonomie maximale estimée à environ 5 400 kilomètres à pleine charge. De même, le Boeing 737 MAX, grâce à ses moteurs LEAP-1B et à une consommation réduite, affiche une autonomie pouvant atteindre 6 500 kilomètres, rendant envisageables des vols directs entre Libreville et les capitales européennes sans pénalité majeure sur la charge marchande.
Leasing
De fait, le modèle retenu par le pavillon gabonais s’inscrit dans une tendance mondiale dominée par le leasing aéronautique. Selon le directeur général de Flygabon, Nyl Moret-Mba, près de 65 % des compagnies aériennes dans le monde recourent à la location opérationnelle plutôt qu’à l’achat direct d’appareils, une pratique devenue la norme dans un secteur confronté à des tensions persistantes sur les chaînes de production. Les délais de livraison pour des avions neufs dépassent désormais fréquemment quatre à cinq ans chez les grands constructeurs, poussant de nombreux opérateurs à privilégier des solutions de leasing afin d’accélérer leur déploiement commercial. Cette approche devrait également permettre à FlyGabon de préserver sa trésorerie dans un environnement où les coûts de financement demeurent élevés et où la rentabilité des compagnies africaines reste structurellement fragile.
Lire aussi : Afrijet lance une liaison directe Brazzaville-Johannesburg pour consolider sa présence en Afrique australe
En attendant l’ouverture de ses futures dessertes européennes, la compagnie consolide progressivement son réseau régional autour de Libreville, avec des connexions vers Johannesburg ainsi que des dessertes transitant par Yaoundé (Cameroun), Malabo (Guinée Equatoriale) et Bangui (RCA). Cette logique de hub régional vise à alimenter les futures lignes long-courriers vers l’Europe en trafic d’Afrique centrale. Dans l’immédiat, FlyGabon continue de s’appuyer sur son partenariat avec Air France pour acheminer les passagers gabonais et sous-régionaux vers Paris. Mais les discussions engagées avec Boeing traduisent une ambition plus stricte : réduire progressivement la dépendance aux transporteurs étrangers sur les flux Europe-Afrique centrale et positionner Libreville dans la compétition aérienne régionale face aux hubs établis d’Addis-Abeba, Casablanca ou Lomé.


