Le président et fondateur du groupe Advens-Geocoton fait son entrée dans le capital de Corsair, avec une participation de 40%. Avec une mise annoncée de 15 millions d’euros, l’enveloppe nécessaire pour la recapitalisation de la compagnie aérienne française, l’homme d’affaires franco-africain Abbas Jaber devient ainsi actionnaire privé de référence. Les autres actionnaires, composés d’un consortium d'entrepreneurs ultramarins (52%) et une société d'économie mixte du département de la Guadeloupe (8%).
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Déjà présent dans le capital de la compagnie via sa participation en 2020 à la holding OMRP (Outre-mer R-Plane) en 2020, l’industriel devient désormais un acteur clé dans l'avenir de l’entreprise. « Je suis ravi de participer au nouveau tour de table de Corsair, une compagnie emblématique à laquelle je suis profondément attaché. Je tiens à saluer l'évolution positive des deux dernières années, qui ont renforcé la place de Corsair dans les Outre-mer, faisant d'elle un acteur local incontournable. Je crois également au développement que Corsair mène en Afrique, offrant à la compagnie un levier de croissance significatif », a déclaré Abbas Jaber dans un communiqué parvenu à EcoMatin.
Un retournement après le retrait du Congo
L’entrée d’Abbas Jaber dans le capital de Corsair intervient dans un double contexte particulier. Initialement, la République du Congo devait devenir un actionnaire de la compagnie, mais l’État congolais a finalement renoncé à cet investissement. Le pays situé en Afrique centrale préfère en fin de compte se concentrer sur le développement de sa future compagnie nationale, ECAir pour les liaisons domestiques et régionales avec le soutien stratégique de la compagnie Corsair qui, de son côté, entend bien poursuivre l’ouverture de la ligne Paris-Brazzaville, en collaboration avec les autorités congolaises.
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Un retrait qui a permis à Abbas Jaber de se faire une place autour de la table, en attendant le verdict de la Commission européenne qui a ouvert en février, une enquête approfondie sur le plan de restructuration modifié de l'entreprise, sortie très endettée de la crise du Covid-19. Ce plan prévoit l’abandon de plus de 103 millions d’euros de dettes par l’Etat français, ainsi que 44 millions d’euros de rééchelonnements et crédits d’impôt. La décision de la Commission européenne sera donc cruciale pour valider ce nouveau tour de table et donc, l’entrée au capital d’Abbas Jaber dont la prise de participations est perçue comme un signe de confiance dans l’avenir de la compagnie. « Je suis heureux de retrouver Abbas Jaber en tant qu‘actionnaire, a déclaré Pascal de Izaguirre, Président directeur général de Corsair. Son engagement précédent et sa parfaite connaissance de l’Afrique avaient déjà contribué à notre dynamisme ».
Un acteur expérimenté en Afrique
Abbas Jaber n’est en effet pas un novice dans le monde des affaires, et encore moins en Afrique. Né au Sénégal, il est à la tête du groupe Advens-Geocoton, un acteur majeur de l’agro-industrie en Afrique de l’Ouest et du Centre. Fondé en 1988, le groupe s’est initialement concentré sur le négoce du coton notamment au Cameroun avec la Sodecoton, avant de diversifier ses activités dans des secteurs comme la logistique, l’ingénierie, l’énergie etc. Présent dans 15 pays, principalement africains, Advens revendique un chiffre d'affaires de 227 millions d’euros en 2022. Sa connaissance du continent en Afrique pourrait être un atout stratégique pour Jaber et Corsair, alors que la compagnie cherche à renforcer sa présence en Afrique. En effet, le continent noir représente 20% de l’activité et du chiffre d’affaires de Corsair. Son PDG envisage de porter ce ratio à 30% à terme. Dakar, que la compagnie a desservi jusqu’à l’avènement d’Air Sénégal, reste un objectif. De même que le Gabon, le Cameroun et le Congo.








