Paul Tasong, le ministre délégué auprès du Minepat, chargé de la planification, était face aux députés mardi 22 juin 2022. Lors des échanges, les élus du peuple ont invité le membre du gouvernement à donner des détails concernant la mise en œuvre du projet de construction de 3000 forages annoncé par le président de la République, au cours d’un discours tenu à Maroua dans la région de l’Extrême-Nord, pendant la campagne présidentielle de 2011. En guise de réponse, il a indiqué que le projet a considérablement évolué depuis la promesse faite par le chef de l’Etat. A cette date, le gouvernement doit encore aménager 1431 forages pour les trois régions septentrionales. Pour y parvenir, l’Etat a décidé d’inscrire cette promesse présidentielle dans le budget d’investissement public du ministère de l'Eau et de l’énergie. Ceci, comme investissements prioritaires dans le cadre des dépenses à moyen terme pour le triennat 2023-2025. Ces forages seront construits pour venir en aide aux populations des régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord, toujours en proie à l’épineux problème d’accès à l’eau potable.
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Une mise en œuvre incertaine
La concrétisation de cette noble ambition demeure incertaine malgré les assurances données par Paul Tasong. Surtout que, plusieurs fois par le passé, notamment en 2018, le gouvernement avait pris l’engagement de mener ce programme rapidement à son terme. Mais, la survenue du Covid 19 a entravé la mobilisation des fonds dans les délais, a révélé le membre du gouvernement. Et même, en 2016, le ministère de l’Eau et de l’énergie avait indiqué que ce projet allait figurer dans le volet eau et énergie du Plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance économique, lancé en 2014 pour le triennat 2015-2017. Paul Tasong a par ailleurs expliqué aux parlementaires qu’en 2020, la somme de 5 milliards de FCFA avait été injectée pour l’avancée de ce projet, qui jusqu’ici, n’a toujours pas abouti. Il reste néanmoins que 1 569 autres forages ont déjà été construits dans ces régions au cours des dix dernières années, dans le cadre de cette promesse du chef de l’Etat.
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Des inquiétudes sur la durée de vie de ces forages
La durée de vie de ces forages, construits pour un fonctionnement à motricité humaine, est remise en question par les populations concernées. Selon elles, leur dégradation survient généralement à court terme. Les riverains ont ainsi fait la doléance au gouvernement, de procéder plutôt à la construction des forages à énergies solaires lors des prochains travaux, à l’image du Programme national de développement participatif. Dans ces régions, le PNDP a mis en place un programme de construction des mares artificielles alimentées par des forages solaires. Selon les populations, ces mares où les populations et les bêtes peuvent subvenir à leurs besoins en eau au quotidien sont appréciées, tant sur le plan de la durabilité qu’en ce qui concerne la qualité d’eau qu’elles fournissent.
La concrétisation de cette promesse présidentielle sera un début de décrispation du besoin d’infrastructure pour l’accès à l’eau potable, qui demeure important dans ces trois régions. Selon les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ces trois régions ont besoin d’environ 7 500 forages pour être à l’abri du manque d’eau potable. Une dure réalité qui résulte de la faible pluviométrie dans cette partie septentrionale du Cameroun, qui connaît seulement 30 à 100 jours de pluie par an.
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Léonel BALLA








