À fin 2026, les compagnies aériennes africaines devraient enregistrer la plus forte baisse de leur revenus net depuis la fin de la pandémie de Corona. Selon les prévisions publiées le 7 juin dernier par l’Association du transport aérien international (IATA), leur bénéfice net combiné devrait chuter de 66,7 %, passant de 300 millions de dollars en 2025 à seulement 100 millions de dollars en 2026. Dans le même temps, leur marge nette devrait tomber à 0,2 %, contre 1,6 % l’année précédente et les bénéfices par passager vont passer en dessous de 1$ le billet vendu (environ 40 centimes contre 2,10$ un an plus tôt).
Ce recul intervient pourtant dans un contexte de forte progression de l’activité. L’IATA prévoit une hausse de 10 % de la demande de transport aérien en Afrique en 2026, soit la croissance la plus élevée de toutes les régions du monde. Cette dynamique est notamment alimentée par les déroutements de vols destinés à éviter l’espace aérien du Moyen-Orient, devenu instable en raison du conflit qui secoue la région.
Mais cette augmentation du trafic ne se traduit pas par une amélioration des résultats financiers. L’organisation explique que les transporteurs africains demeurent particulièrement vulnérables à la flambée des coûts, notamment ceux liés à l’approvisionnement en carburant. À cela s’ajoutent une utilisation généralement moins intensive des avions, des bilans financiers fragiles et des contraintes structurelles persistantes telles que le déficit d’infrastructures, la fragmentation de l’espace aérien africain et la faible coopération transfrontalière.
« Combiné à l’utilisation généralement plus faible des aéronefs et à la faiblesse des bilans, ces facteurs vont plafonner les bénéfices, malgré la modification des flux de trafic, de sorte que la marge bénéficiaire nette sera plus faible que prévu en 2026 », explique IATA.
Selon cette dernière, les gains générés par la réorientation des flux de trafic devraient principalement profiter à un nombre limité de compagnies opérant de grands hubs connectés à l’Europe et à l’Asie (Ethiopian Airlines, EgyptAir, Kenya Airways, Royal Air Maroc, etc.). Les transporteurs de taille plus modeste continueront, eux, à subir les effets d’un environnement opérationnel difficile.
Cette situation s’inscrit dans un contexte mondial également marqué par un net recul de la rentabilité du secteur. L’IATA prévoit que les bénéfices nets de l’industrie aérienne mondiale seront divisés par deux en 2026, à 23 milliards de dollars contre 45 milliards en 2025. La hausse de près de 70 % du prix du carburéacteur, conséquence directe des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, constitue le principal facteur de cette dégradation.
Les disparités régionales demeurent toutefois importantes. Le Moyen-Orient est la seule région qui devrait basculer dans le rouge, avec une perte nette estimée à 4,3 milliards de dollars, en raison des perturbations opérationnelles et de la chute du trafic de correspondance. L’Europe, l’Asie-Pacifique, l’Amérique du Nord et l’Amérique latine devraient rester bénéficiaires, mais avec des marges nettement inférieures à celles observées en 2025. À l’échelle mondiale, le trafic continue pourtant de progresser. Le nombre de passagers transportés devrait atteindre 5,1 milliards en 2026, tandis que le taux moyen de remplissage des avions devrait établir un nouveau record de 84 %.
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