Upper Nun Valley Development authority (Unvda), société à capitaux publics chargée de promouvoir la production de riz dans les régions du Nord-Ouest et de l’Ouest du Cameroun a terminé l’année 2023 avec au compteur, 21 000 tonnes de riz paddy produites. Ce volume révélé par Eric Andangfung, Directeur général de la société de passage sur la télévision nationale, affiche une hausse de 66% en comparaison aux 12 578,183 tonnes produites un an plus tôt favorisée par le « retour progressive à la sécurité et le regain d’intérêt que les agriculteurs affichent envers leurs activités ».
L’Unvda renoue visiblement avec la croissance, dépassant même son niveau d’avant la crise sécuritaire qui était de 15 000t. Cependant, malgré ce bilan positif, la production de l’entreprise, 2ème producteur de riz du pays après la Semry, ne représente que 21% de la production nationale évaluée à 100 000t. Plus encore, la société ne parvient pas à transformer la moitié de sa production en riz blanc, fortement consommé par les populations locales. En 2022, elle a transformé tout juste 7,1% de sa production globale, soit 1 216t de paddy, ce qui a généré 983,7t de riz blanchi et sous-produits [524t de riz blanc ; 170t de riz brisé ; 162t de brisures de riz…]. Avec des subventions d’investissements en baisse de 42% à 350 millions de Fcfa à cette période, ces faibles résultats ne surprennent guère.
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Calculatrice en mains l’on constate que sur une production nationale de 130 000t de riz blanc, l’Unvda contribue à moins de 1%. Outre fait marquant de l'intervention du patron de l'Unvda, on apprend que la société exploite à date 3 000ha sur 15 000ha disponibles, soit 1/5 des surfaces cultivables. Les périmètres cultivés se réduisent au fil des ans car selon la Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublic, l’Unvda exploitait 3 574,34 ha en 2022 contre 3 893,96 ha en 2021. Une diminution qu’elle adosse aux « inondations et la sécheresse ayant touchées la plupart des champs, ainsi qu’à la dégradation de certaines rizières aménagées ».
Une situation d’autant plus préoccupante alors que le besoin va sans cesse croissant atteignant 600 000t en 2023. Toutefois, l’Etat pourrait amortir cette baisse en s’attelant à l’aménagement des terres rizicoles. En effet, si l’Unvda parvient à mettre en culture l’ensemble de ses terres, elle pourrait produire jusqu’à 105 000 tonnes et réduire de plus de 20% le gap entre la production nationale et la demande de riz mais aussi réduire les importations de riz dont la facture a culminé à 200,8 milliards de Fcfa pour 620 407t achetées à l'international.
Soulignons tout de même que l’Unvda a bénéficié d’une subvention de 2,4 milliards de Fcfa en 2024 dans le cadre du Plan de relance 2024-2026. Elle bénéficiera également cette année d’une subvention budgétaire de 15 milliards de Fcfa pour booster la production du riz dans les régions du Nord-ouest et de l’Ouest du pays en 2025. Toute chose qui devrait concourir à donner un important coup de pouce aux activités de l’Unvda afin de relever sa production et ses capacités de transformations.

