Le 4 août 2025, le Cameroun et l’Union européenne ont lancé la 10ᵉ phase du démantèlement tarifaire prévu par l’Accord de partenariat économique (APE). Cette étape concerne 2 233 produits qui bénéficieront désormais d’une réduction de 60 % sur les droits et taxes de douane. Elle inclut des catégories à fort rendement fiscal, comme les véhicules de tourisme et de transport, les motos, les carburants, le ciment, les téléviseurs, les tracteurs, les lavabos, la vaisselle, les carreaux, ainsi que certaines céréales (sorgho, blé, orge, seigle).
Les produits du 1er groupe, dont le démantèlement a débuté le 4 août 2016 avec une réduction annuelle de 25 %, sont totalement affranchis des droits de douane depuis le 3 août 2019. Cette catégorie comprend les produits pharmaceutiques, les engrais, le gaz et les pesticides. De même, les produits du 2e groupe (brouettes, véhicules de transport de marchandises, etc.), qui ont commencé à être démantelés en 2017, ont atteint une réduction de 100 % le 3 août 2023. Pour la troisième catégorie, la réduction passera à 10 % par an jusqu'en 2029.
Des moins values fiscales croissantes
Le Cameroun et l’UE engagent une autre phase des APE alors depuis leur entrée en vigueur le 4 août 2016, les pertes fiscales du Cameroun n'ont cessé de s'aggraver, passant de 700 millions de FCFA à 95,7 milliards de FCFA en 2024. Cette situation a soulevé des inquiétudes, notamment de la part de Jean Tchoffo, secrétaire général du ministère camerounais de l’Économie, qui a appelé à une réflexion sur le manque d'attractivité de l'accord pour les autres pays d'Afrique centrale. « Le Comité APE devrait d’ores et déjà s’interroger sur l’absence d’attractivité de l’Accord pour les autres pays d’Afrique centrale », a-t-il prévenu.
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De son côté, l'UE défend l'APE en soulignant qu'il a permis au Cameroun d'être excédentaire en termes de balance commerciale avec l'Europe. « Cet excédent pourrait même être plus important si le Cameroun mettait en place les conditions suffisantes pour améliorer l’environnement des affaires, avec pour objectif d’attirer davantage d’investissements européens, afin de créer une base industrielle solide. C’est la raison pour laquelle l’UE a proposé au Cameroun de négocier un Accord sur la facilitation des investissements durables (AFID) », a déclaré Stéphane André, le chef de la section commerciale de l’UE au Cameroun dans une interview accordée au journal à capitaux publics Cameroon Tribune.



