Le voile se dissipe un peu plus, autour du projet de mise en œuvre de l’Agence africaine de notation de crédit (AfCRA). Initialement annoncée pour le second trimestre 2024, cette initiative de l’Union Africaine (UA), visant à fournir des évaluations alternatives des risques de remboursement des pays du continent, prévoit de démarrer ses opérations d’ici la fin du mois de septembre. Révélation faite par Misheck Mutize, cet expert principal des sociétés de notation de crédit au Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), une structure de l’UA.
Selon les confidences de Misheck Mutize, le premier Directeur général de l’agence en gestation devrait être nommé au cours du troisième trimestre de l’année en cours. « Les candidats ont déjà été présélectionnés », a-t-il déclaré dans des propos relayés par Bloomberg. De même, poursuit-il, l’institution devrait publier son premier rapport sur la notation souveraine d’ici fin 2025 ou début 2026. L’AfCRA ne comptera pas d’Etats parmi ses propriétaires, a déclaré Mutize. « Cela a été conçu pour maintenir l’indépendance et éviter les conflits d’intérêts », a-t-il déclaré. Ainsi, l’actionnariat de l’Agence sera principalement constitué d’entités africaines dirigées par des experts du secteur privé, afin de garantir sa crédibilité et éviter toute ingérence politique.
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La volonté de l’UA de mettre sur pied une Agence de notation africaine est née des critiques envers les trois principales sociétés de notation internationale – Fitch Ratings, Moody’s Ratings et S&P Global Ratings – accusées de pénaliser injustement les pays africains à travers des évaluations jugées excessivement sévères. Selon l’Union Africaine, ces notations surévaluent le risque d’investissement en Afrique, ce qui entraîne une hausse des coûts d’emprunt pour les gouvernements et les entreprises du continent.
« Des études ont montré qu’au moins 20% des critères de notation des pays africains relèvent de facteurs plutôt subjectifs d’ordre culturel ou linguistique, sans lien avec les paramètres qui jaugent la stabilité d’une économie », avait réagi l’ex-chef d’Etat sénégalais Macky Sall, alors président en exercice de l’UA, lors de la Conférence économique de Dakar en mai 2022. Il y a quelques jours, le MAEP, organisme de contrôle du crédit de l'UA est monté au créneau pour remettre en question la décision de Fitch de dégrader la note de la Banque africaine d’export-import (Afreximbank), affirmant qu'elle reposait sur une classification « erronée ».
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En effet, le 4 juin, l’agence de notation américaine a abaissé la note de crédit d’Afreximbank de de « BBB » à « BBB- », assortie d’une perspective négative. Cette décision a été motivée par une estimation du taux de créances en souffrances de 7,1%, selon Fitch, contre 2,44% rapportés par la banque elle-même. Fitch a notamment considéré comme « non productifs » les prêts accordés par Afreximbank à trois pays : le Ghana (2,4% du portefeuille), le Soudan du Sud (2,1%) et la Zambie (0,2%). Une classification que conteste fermement le bras séculier de l'UA en charge d'analyser les progrès de gouvernance des pays sur le continent.







