800 milliards de Fcfa ! C’est la facture annuelle des dépenses de la République du Congo pour l’achat des produits alimentaires de grande consommation selon Claude Alphonse N’Silou, ministre congolais du Commerce, des Approvisionnements et de la Consommation. D’après l’agence d’information locale Adiac Congo, cette enveloppe aurait servi à l’importation de 302 705 tonnes de marchandises sur le marché international. Le montant, rendu public à l’occasion d’une séance de questions orales avec débat au gouvernement, représente 39% du budget de l’Etat pour l’exercice 2023 arrêté à 2 050,75 milliards de Fcfa en dépenses selon la loi de règlement du budget réajusté.
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Dans le détail, il s’agit de 78 000 tonnes de riz, 24 705 tonnes d’huile de palme végétale, de 168 000 tonnes de viandes et abats comestibles (16 000 tonnes de viande bovine, 46 000 tonnes de viande porcine, 106 000 de volailles) et 32 000 tonnes de poissons de mer congelés. Des quantités qui minimes comparativement à celles achetées par son voisin le Cameroun en 2023, pour 2 fois moins. Selon les données officielles, Yaoundé a dépensé 492,2 milliards de Fcfa pour 620 407 tonnes de riz, 144 068 tonnes d’huile végétales, 684 tonnes de viandes et 234 572 tonnes de poissons. Une différence énorme quand on sait que le Cameroun compte 4,7 fois plus d’habitants que le Congo (6,14 millions d’habitants à fin mai 2023).
Autosuffisance alimentaire à l’horizon 2030
Pour fermer ce gouffre financier et sortir de sa dépendance alimentaire vis-à-vis de l’extérieur, le pays compte sur son Plan national de développement 2022-2026 et l’ouverture prochaine de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Ainsi, à l’horizon 2030, Bazzaville se donne le pari d’être autosuffisant sur le plan alimentaire et même devenir un exportateur de denrées alimentaires sur le continent. « Le gouvernement prend des dispositions de sorte que notre pays soit prêt dans cinq ans et que nos entreprises tirent davantage du marché unique qui arrive », a indiqué le ministre d’Etat.
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Se référant aux indications du PND, il sera question « d’optimiser l’allocation des ressources » vers les secteurs stratégiques afin de diversifier l’assiette des ressources et booster les filières les moins dynamiques. Pour ce faire, le pays de Sassou N’Guesso explore diverses pistes pistes notamment la relance du projet de construction d’un corridor fluvial reliant Kinshasa à Bangui en passant par Brazzaville ainsi que les opportunités des marchés du sable et des moellons, des minerais, du gaz.

Avec des recettes attendues à 2 605 milliards de Fcfa en 2024, le Congo multiplie les stratégies et postes de recettes pour relever le PIB national et davantage développer l’économie. L’objectif premier serait, selon le membre du gouvernement, de réduire les dépenses et renflouer les caisses de l’Etat qui se prive d’une manne qui pourrait être réinvestit dans d’autres secteurs de développement. « Nous importons chaque année pour près de 800 milliards Fcfa … ce qui veut implicitement dire que nous nous appauvrissons chaque année de 800 milliards de Fcfa », a-t-il déclaré.








